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04/08/2013 02:00 EDT | Actualisé 04/10/2013 05:12 EDT

Égypte: les autorités préviennent que le temps file pour une issue pacifique

LE CAIRE, Égypte - Le plus important conseil de sécurité d'Égypte a prévenu, dimanche, qu'il était minuit moins cinq pour trouver une issue pacifique à l'impasse des rassemblements constants de partisans du président déchu, Mohammed Morsi, laissant croire que les autorités disperseraient les sit-in si les efforts de médiation n'aboutissent pas rapidement.

Plus d'un mois après le coup d'État qui a entraîné l'expulsion du président Morsi, des dizaines de milliers de ses partisans et de militants des Frères musulmans se rassemblent toujours à deux des principaux carrefours du Caire pour exiger son retour.

L'armée, qui a orchestré la chute du président islamiste, a lancé plusieurs avertissements pour tenter de les disperser, les prévenant que les forces de l'ordre devraient intervenir s'ils refusaient toujours de céder.

Dans le même temps, les autorités ont annoncé dimanche que le leader spirituel des Frères musulmans et son influent adjoint comparaîtront devant un tribunal le 25 août pour répondre à des accusations liés aux meurtres de protestataires.

Les États-Unis et l'Union européenne tentent de trouver une issue pacifique afin d'éviter un nouveau bain de sang en Égypte, alors que plus de 250 personnes — dont au moins 130 partisans de Morsi abattus par les forces de l'ordre lors de deux affrontements —, ont été tuées depuis le coup d'État de l'armée, le 3 juillet.

Mais si les diplomates font des pieds et des mains pour trouver un compromis, le gouvernement intérimaire de l'Égypte a de son côté laissé savoir que sa patience envers les rassemblements de partisans de Morsi tirait à sa fin.

Le Conseil de défense nationale, formé du président intérimaire et de ministres du cabinet, a déclaré que les tentatives de parvenir à une issue pacifique ne seraient pas indéfinies. L'organisation a également indiqué qu'une résolution négociée ne servirait pas de protection contre des actions judiciaires à l'endroit de «contrevenants» à la loi et à d'autres qui se sont positionnés contre l'État.

Par ailleurs, la récipiendaire d'un Nobel de la paix, la Yéménite Tawakkul Karman, s'est vue refuser l'entrée en Égypte, dimanche. Mme Karman avait publiquement exprimé son opposition au coup d'État de l'armée et déclaré qu'elle se joindrait aux sit-in des manifestants pro-Morsi.

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