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04/08/2013 10:02 EDT | Actualisé 04/10/2013 05:12 EDT

Menaces d'Al-Qaïda: prolongation de la fermeture de certaines ambassades

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US President Barack Obama leaves after speaking about his administration's drone and counterterrorism policies, as well as the military prison at Guantanamo Bay, at the National Defense University in Washington, DC, May 23, 2013. AFP PHOTO / Saul LOEB (Photo credit should read SAUL LOEB/AFP/Getty Images)

Les Etats-Unis ont annoncé dimanche la prolongation jusqu'au 10 août de la fermeture de certaines de leurs ambassades et consulats au Moyen-Orient et en Afrique, par mesure de sécurité après des menaces crédibles d'attentats par Al-Qaïda.

Le Département d'Etat a également indiqué qu'un petit nombre de missions diplomatiques supplémentaires seraient fermées alors que d'autres seraient rouvertes lundi.

"Il ne s'agit pas d'une indication concernant une série de nouvelles menaces, mais plutôt d'une indication de notre engagement à faire preuve de prudence et à prendre les mesures appropriées pour protéger notre personnel, y compris les employés locaux et les visiteurs dans nos missions", a déclaré la porte-parole du Département d'Etat Jen Psaki dans un communiqué.

Le texte a précisé que les représentations diplomatiques à Abou Dhabi, à Amman, au Caire, à Riyad, Dhahran, Jeddah, Doha, Dubaï, au Koweït, à Manama, à Mascate, Sanaa, Tripoli, Antananarivo, Bujumbura, Djibouti, Khartoum, Kigali et Port Louis seraient fermées de lundi à samedi la semaine prochaine.

Parmi celles qui seraient rouvertes pour la gestion des affaires courantes dimanche figurent Dacca, Alger, Nouakchott, Kaboul, Herat, Mazar-e-Sharif, Bagdad, Bassorah et Erbil, toujours selon le communiqué.

La Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France ont, de leur côté, annoncé qu'elles fermeraient leurs ambassades à Sanaa, la capitale du Yémen dimanche et lundi après l'alerte lancée par Washington de possibles attentats dans le monde.

Prolongation prévisible?

Les ambassades des Etats-Unis dans la plupart des pays arabes étaient fermées dimanche, à l'instar du Yémen où les mesures de sécurité ont été renforcées devant les chancelleries occidentales, de crainte d'attentats d'Al-Qaïda.

Les Etats-Unis ont annoncé la fermeture d'au moins 22 chancelleries au Moyen-Orient, y compris en Israël, ainsi qu'en Afghanistan et au Bangladesh, et la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne leur ont emboîté le pas en décidant de fermer leur ambassade à Sanaa au moins pour dimanche et lundi.

Le département d'Etat américain a diffusé un avis de prudence à l'attention de tous ses ressortissants dans le monde: des attentats sont possibles "particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord", et Washington a aussi insisté sur "la péninsule Arabique".

Une réunion au sommet s'est tenue samedi à la Maison Blanche, après que le président Barack Obama ait "ordonné à son équipe chargée de la sécurité nationale de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les Américains à la lumière d'une menace potentielle pouvant exister ou émaner de la Péninsule arabique".

Interpol a aussi lancé une alerte globale de sécurité invitant à la plus grande vigilance tous les pays membres de l'organisation de coopération policière face à la menace d'Al-Qaïda.

Les menaces d'attentats d'Al-Qaïda visent l'ensemble des intérêts occidentaux, a prévenu le chef d'état-major américain Martin Dempsey. Elles sont "plus spécifiques" mais la cible exacte n'est pas connue. "L'idée est d'attaquer les intérêts occidentaux, pas seulement américains".

Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa), bien implanté au Yémen et très actif, est considéré par les Etats-Unis comme la branche du réseau extrémiste la plus dangereuse dans le monde.

Renforts à Sanaa

A Sanaa, les forces de sécurité yéménites étaient en état d'alerte devant les ambassades occidentales alors qu'un drone, probablement américain, survolait la capitale en milieu de journée, ont indiqué des habitants.

Des membres des forces spéciales, en armes et soutenus par des blindés, étaient postés devant les chancelleries des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de France et d'Allemagne, ainsi que celles d'autres pays, y compris occidentaux, dont les accès étaient quasiment fermés, selon un journaliste de l'AFP.

Le quartier de Hadda, dans le sud de Sanaa, où se trouvent plusieurs chancelleries et résidences diplomatiques dont celles de France, d'Allemagne et d'Arabie saoudite, était quadrillé par des forces spéciales de la Garde présidentielle.

Autour des ambassades américaine et britannique (nord-est de Sanaa), les mesures de sécurité, en vigueur depuis plusieurs années, ont été renforcées. "Nous sommes déjà en état d'alerte mais nous avons redoublé de vigilance", a déclaré un policier à l'AFP.

Aux barrages de sécurité mis en place depuis le début de la semaine par les forces de sécurité et l'armée sur les principaux axes routiers de Sanaa, les forces de l'ordre procèdent à des contrôles réguliers, en particulier pour les accès menant aux chancelleries occidentales, ont précisé les habitants.

Ces barrages ont été rétablis par le Haut comité de sécurité, "une mesure préventive durant les dix derniers jours du ramadan", une période marquée parfois par des actes de violence de la part d'extrémistes, selon une source de sécurité.

Les autorités yéménites n'ont encore réagi à l'alerte aux attentats ou aux mesures de fermeture.

Accusations Zawahiri

Les ambassades américaines dans les monarchies voisines du Golfe, dont l'Arabie saoudite et le Koweït, étaient fermées dimanche, de même que dans de nombreux autres pays arabes comme l'Algérie ou la Jordanie.

Ainsi à Amman, "les mesures de sécurité ont été renforcées autour de la chancellerie américaine", a indiqué un responsable jordanien, tout en soulignant "ne pas avoir relevé des menaces" spécifiques.

La fermeture de l'ambassade de France à Sanaa pourrait durer "plusieurs jours", a précisé le président François Hollande, alors que le Canada a décidé de fermer préventivement dimanche sa représentation à Dacca.

Il y a au moins une menace concrète: dans un enregistrement audio posté sur des forums jihadistes, le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a accusé les Etats-Unis d'avoir "comploté" avec l'armée égyptienne et la minorité chrétienne copte pour faire destituer le président égyptien Mohamed Morsi.

Washington mène des opérations contre les extrémistes islamistes au Yémen, en particulier des bombardements par drones, avec l'accord tacite de Sanaa. M. Obama a remercié jeudi le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi pour sa "coopération solide" dans la lutte contre ce réseau.

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