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Zimbabwe: Robert Mugabe déclaré vainqueur de l'élection présidentielle

03/08/2013 01:04 EDT | Actualisé 03/10/2013 05:12 EDT

HARARE, Zimbabwe - Le président Robert Mugabe, en poste depuis environ trois décennies et maintenant âgé de 89 ans, a remporté l'élection présidentielle du Zimbabwe avec 61 pour cent des voix contre 33 pour cent pour son principal adversaire, le premier ministre sortant Morgan Tsvangirai, a annoncé la Commission électorale, samedi.

Selon la Commission, l'Union nationale africaine du Zimbabwe — Front patriotique (ZANU-PF) de M. Mugabe a obtenu 158 des 210 sièges que compte le Parlement. Cette forte majorité lui permettra d'amender la nouvelle constitution et les lois existantes.

Le parti de M. Tsvangirai, qui avait fait le pari qu'un fort taux de participation en sa faveur supplanterait toute allégation de fraude électorale, a obtenu 50 sièges, alors que les deux autres ont été remportés par des candidats indépendants.

Officiellement, M. Mugabe, au pouvoir depuis 33 ans, obtient un nouveau mandat de cinq ans.

M. Tsvangirai a refusé de reconnaître la victoire de son rival, soutenant qu'il y avait eu fraude et exigeant un nouveau scrutin. Il a promis de contester les résultats devant les tribunaux, tout en appelant ses partisans à manifester de façon pacifique contre les présumées fraudes importantes du parti sortant, qui dispose des forces de sécurité pour tenter de tuer dans l'oeuf toute velléité de contestation.

Contrairement aux élections de 2008, émaillées de violences, le vote de mercredi a été majoritairement paisible, et les observateurs électoraux africains, tout en exprimant des inquiétudes à propos de certaines irrégularités, semblaient pour la plupart soulagés d'avoir évité les actes violents.

La Grande-Bretagne et les États-Unis ont été plus sévères dans leur critique du processus électoral, mais M. Mugabe a en partie bâti sa carrière sur ses affrontements avec les puissances occidentales, et il existe une très faible chance que la désapprobation de l'Ouest ne l'influence.

Cela ne laisse que bien peu d'options à l'opposition zimbabwéenne pour contrer M. Mugabe, qui préside un pays souffrant encore de problèmes économiques, mais qui profite d'une période de stabilité relative comparativement à l'époque de l'inflation hors de contrôle, il y a quelques années.

M. Tsvangirai a indiqué que son Mouvement pour le changement démocratique (MCD) disposait de preuves de fraudes importantes commises par le parti au pouvoir.

En conférence de presse, le candidat malheureux a affirmé que le MCD ne ferait partie d'aucune institution gouvernementale afin de protester contre les irrégularités qui, selon lui, seraient survenues durant le vote.

Aux États-Unis, le secrétaire d'État John Kerry a déclaré que le processus électoral était «fortement grevé» par des irrégularités dans les listes électorales, un accès inégal des partis aux médias nationaux, une absence de réformes politiques réclamées par la constitution, et d'autres problèmes.

Les États-Unis n'avaient cependant pas reçu l'autorisation de dépêcher des observateurs.

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