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Présidentielle malienne: le favori dans la course obtient un appui inattendu

03/08/2013 10:29 EDT | Actualisé 03/10/2013 05:12 EDT

BAMAKO, Mali - Le candidat arrivé en troisième place lors de l'élection présidentielle du Mali a annoncé qu'il se ralliait au favori, samedi, une décision inattendue qui pourrait accroître de façon importante les chances du meneur lors du vote de second tour.

Dramane Dembelé, le candidat issu du plus grand parti politique du pays, ADEMA-PASJ, a déclaré samedi qu'il appuierait Ibrahim Boubacar Keita, connu sous ses initiales, IBK.

Selon l'analyste politique Moumouni Soumano, M. Dembelé n'est pas un poids lourd politique et est peu connu des électeurs. Mais son ralliement pourrait ouvrir la voie aux partisans d'ADEMA qui désirent voter pour IBK.

Plusieurs observateurs s'attendaient à ce que M. Dembelé se range plutôt en faveur du candidat arrivé en deuxième place, Soumaila Cissé, qui reçoit un appui considérable de la part du parti de M. Dembelé. Ce dernier a cependant déclaré samedi s'être senti trahi par son parti, et qu'il n'appuierait donc pas M. Cissé lors du second tour, le 11 août.

Selon les résultats officiels publiés par le gouvernement, M. Dembelé a reçu 9,6 pour cent du total des voix lors du premier tour, le 28 juillet. En comparaison, IBK a reçu 39,2 pour cent des votes, tandis que M. Cissé allait chercher 19,4 pour cent de la faveur populaire.

La présidentielle malienne survient 16 mois après que le président démocratiquement élu eut été renversé par un coup d'état. L'armée française a plus tard lancé une opération dans le nord du Mali pour déloger des militants liés à al-Qaïda qui avaient pris le contrôle de la région en profitant du chaos résultant de la chute du gouvernement.

Bien que le premier tour ait été paisible, plusieurs craignent qu'il ne soit considéré comme illégitime en raison du faible taux de participation. Des problèmes techniques ont empêché certaines personnes de voter, et si les résultats ne sont pas entérinés, les observateurs affirment que cela pourrait alimenter d'autres sentiments de révolte.

Des donateurs se sont engagés à verser plus de 4 milliards $ US en aide pour la reconstruction du pays, mais cette somme est retenue jusqu'à ce qu'un gouvernement légitimement élu puisse être mis en place. Cet incitatif financier a poussé les autorités maliennes à aller de l'avant avec l'élection, et ce malgré les craintes au niveau de la sécurité, et des interrogations sur le processus électoral qui serait suivi par des dizaines de Maliens déplacés.

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