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Le ministère de l'Intérieur exhorte les pro-Morsi à cesser leurs manifestations

03/08/2013 10:11 EDT | Actualisé 03/10/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Le ministre égyptien de l'Intérieur a demandé pour la deuxième fois aux partisans du président déchu Mohamed Morsi, samedi, de quitter leurs camps, alors qu'un haut diplomate américain a rencontré des responsables des deux parties de ce pays politiquement divisé.

William Burns, secrétaire d'État adjoint des États-Unis, a prolongé d'une journée sa visite au Caire afin de rencontrer dimanche le leader militaire, le général Abdel-Fatah el-Sissi, et le premier ministre, a annoncé un responsable égyptien.

Un membre de la délégation pro-Morsi ayant rencontré M. Burns samedi a indiqué que les quatre délégués se réuniraient de nouveau dimanche avec ce dernier pour poursuivre les négociations. L'enjeu principal de ces discussions est l'avenir politique des Frères musulmans et de leurs alliés islamistes à la suite du coup d'état du 3 juillet ayant renversé M. Morsi, le premier président démocratiquement élu du pays.

Le coup d'état militaire, qui a fait suite à plusieurs journées de manifestations réclamant le départ du président, a également mené à la dissolution du parlement dominé par les islamistes, et la suspension de la constitution créée par les islamistes.

Les Frères musulmans ont dit chercher des concessions avant le début des négociations avec leurs rivaux. De telles mesures comprendraient la libération de leaders du mouvement, la levée de l'interdiction pesant sur ses stations de télévision, et la diminution de l'usage de la force contre ses manifestants.

Selon l'un des délégués, Tarek el-Malt, le président Morsi doit revenir au pouvoir selon tous les scénarios.

«Il est possible de discuter de la possibilité qu'il termine son mandat, ou qu'il délègue ses pouvoirs à un cabinet national.»

M. Burns et d'autres ont cependant signalé que l'Occident recherche la stabilité dans le pays le plus populeux du monde arabe, et que l'Ouest avait demandé la participation des Frères au processus de transition afin d'atteindre la réconciliation nationale.

Le voyage de M. Burns, son deuxième au Caire depuis le coup d'état, survient alors que les craintes d'un nouveau massacre se font plus vives, après la mort de plus de 80 partisans de M. Morsi lors de heurts avec la police, il y a une semaine. Plus de 280 personnes ont été tuées à l'échelle nationale lors de violences politiques depuis le départ de M. Morsi.

Le numéro deux de la diplomatie américaine a également discuté samedi avec le président intérimaire Adly Mansour et le vice-président Mohamed El-Baradei, tout comme l'a fait l'envoyé spécial de l'Union européenne, Bernardino Leon.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil Fahmy a précisé que des responsables égyptiens avaient clairement indiqué à leurs homologues occidentaux qu'«il n'y avait pas de recul possible». Selon M. Fahmy, la feuille de route de transition adoptée par les leaders du pays soutenus par l'armée laisse une place pour une participation des Frères musulmans.

Alors que les autorités égyptiennes se disent toujours ouvertes à une participation des alliés de M. Morsi, elles dévoilent simultanément des plans pour mettre fin aux deux principaux «sit-ins» où des milliers de manifestants continuent de se rejoindre quotidiennement pour réclamer le retour de M. Morsi au pouvoir.

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