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Lofts Moreau : des dizaines d'artistes et locataires seront évincés d'ici un mois

01/08/2013 04:44 EDT | Actualisé 30/09/2013 05:12 EDT

Plusieurs dizaines de résidents des lofts Moreau dans Hochelaga-Maisonneuve ont reçu un avis d'éviction, le 6 juin dernier, après la visite du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM).

Les autorités se sont inquiétées de plusieurs aspects de la structure de l'ancienne usine de textile qui ne sont pas conformes aux normes de sécurité en bâtiment.

Un lieu d'échange

Le documentaire La maison des rêves racontait déjà en 1997 l'histoire de cette faune artistique qui non seulement travaille, mais habite dans les unités des lofts Moreau.

En 2013, peintres, sculpteurs et musiciens peuplent toujours les corridors de l'endroit.

Leur présence était tolérée par les autorités municipales, qui fermaient les yeux sur le fait que le bâtiment industriel était habité par un nombre de personnes qui dépassait les normes permises.

Des travaux nécessaires

Les locataires reconnaissent que des travaux doivent être accomplis pour assurer la sécurité de l'endroit. Mais ils se sentent pris entre l'arbre et l'écorce.

« On est pris entre la Ville, qui a ses normes à faire respecter, et le proprio, qui n'a pas fait ce qu'il devait faire. Il y a des répercussions. Et l'on en subit les conséquences », dit le photojournaliste Alexis Aubin.

Plusieurs d'entre eux souhaiteraient d'ailleurs racheter le bâtiment, avec l'aide d'organismes communautaires.

« Ce qu'on voudrait vraiment qu'il arrive, c'est que ça devienne une coopérative d'habitation et des logements sociaux », ajoute le musicien Guillaume Moreau.

Mais le propriétaire du 2019, rue Moreau, Vito Papasadero, ne souhaite pas vendre l'immeuble et se dit prêt à faire les travaux.

La mairie d'arrondissement confirme d'ailleurs que des demandes de permis de rénovation ont été remplies.

L'homme d'affaires avoue qu'il n'aime pas que les locataires aient installé des mezzanines ou qu'ils organisent des fêtes. Il veut que l'endroit devienne un bâtiment à l'image de l'usine Grover, qu'il possède aussi. Et même s'il affirme que les lofts Moreau garderont leur vocation d'ateliers d'artistes, la clientèle de l'endroit pourrait changer.

« Ma clientèle pourra revenir, pourquoi pas, si elle veut habiter là-dedans intelligemment, elle pourra revenir », dit Vito Papasadero.

La fin d'une époque?

La majorité des locataires actuels quitteront la rue Moreau avant le 3 septembre, date butoir.

Impossible pour eux de trouver un endroit aussi vaste, avec une communauté artistique semblable et, surtout, à un prix abordable.

Le maire de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, souligne que son arrondissement travaille toujours sur un plan pour reloger les locataires, mais que rien de concret n'a encore été adopté.

Les artistes des lofts iront à la rencontre des résidents d'Hochelaga-Maisonneuve vendredi, sur la place Valois, le temps d'un spectacle de musique, et samedi, devant l'ancienne usine, pour faire connaître leur art et leur histoire.

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