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Lac-Mégantic: « Le pétrole a réagi de façon anormale », selon le BST

01/08/2013 10:14 EDT | Actualisé 01/10/2013 05:12 EDT
Radio-Canada.ca

Le pétrole brut contenu dans les wagons du convoi qui a déraillé à Lac-Mégantic le 6 juillet dernier aurait réagi « de façon anormale » dans la foulée de l'accident, soutient Ed Belkaloul, le gestionnaire du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) responsable des enquêtes pour le Québec.

Le BST, a-t-il dit lors d'une conférence de presse organisée à Lac-Mégantic jeudi matin pour faire le point sur l'enquête en cours, a d'ailleurs commencé à analyser des échantillons de pétrole recueillis dans plusieurs wagons « pour déterminer exactement les ingrédients » qu'il contenait, afin de comprendre « pourquoi le feu a été si violent ».

« Selon les experts, [...] il semblerait que le pétrole brut a réagi d'une façon anormale. C'est pour ça qu'on fait des échantillons. C'est pour savoir quels sont les ingrédients qui sont dans ce pétrole brut, pour savoir pourquoi les wagons se sont éventrés de cette manière-là. » — Ed Belkaloul, gestionnaire du BST responsable des enquêtes pour le Québec.

Si les résultats des tests réalisés à partir des échantillons n'affectent pas l'enquête en cours, a précisé M. Belkaloul, ils seront communiqués immédiatement au public.

Le gestionnaire du BST a confirmé que l'équipe d'enquêteurs de l'organisme fédéral est sur le point de finaliser son travail au centre-ville de Lac-Mégantic et de quitter les lieux. L'organisme fédéral doit cependant encore effectuer des essais sur les freins des locomotives aux gares de Vachon et de Nantes, en Estrie.

« Dans la zone de l'acident elle-même, on s'est concentré essentiellement sur les wagons-citernes », a résumé M. Belkaloul. Des échantillons métallurgiques prélevés sur les lieux seront maintenant analysés en laboratoire « pour déterminer la résistance de l'acier utilisé et déterminer aussi le comportement des wagons lors de l'accident ».

« On a aussi examiné la voie, l'aiguillage en question, là où les wagons ont déraillé », a-t-il ajouté, après avoir précisé qu'à son avis, « l'infrastructure elle-même n'a pas joué de rôle directement » dans la catastrophe.

Début de la deuxième phase de l'enquête, qui s'annonce longue

Le BST entreprendra maintenant une « longue phase d'analyse, d'examens et de tests » qui seront effectués dans ses laboratoires d'Ottawa. Les résultats de cette enquête ne seront cependant pas connus avant plusieurs mois, a-t-il affirmé.

« Si on trouve quelque chose, comme on l'a déjà fait il y a quelques semaines, on va communiquer ça au public, à Transports Canada et à l'industrie », a soutenu M. Belkaloul, en réitérant que le BST doit « procéder avec énormément de rigueur » et « ne pas donner des conclusions trop hâtives ».

« Nous n'avons pas de résultats définitifs à transmettre. [...] Il nous reste des étapes importantes à franchir. » — Ed Belkaloul, gestionnaire du BST responsable des enquêtes pour le Québec.

Des calculs analytiques seront notamment effectués à partir d'images numériques en trois dimensions et des simulations seront faites « pour reconstituer les évènements et être capables de voir le scénario tel qu'il s'est déroulé ».

« On va faire une analyse théorique sur les freins : [...] plus tard, on va être capable de comparer les tests qu'on fait à Vachon et à Nantes avec les analyses théoriques. C'est une manière de valider exactement les forces de freinage qui étaient appliquées sur le convoi », a encore dit M. Belkaloul.

« Cette enquête est vraiment prioritaire pour le BST. Elle est importante pour les Méganticois et le Canada en général. » — Ed Belkaloul, gestionnaire du BST responsable des enquêtes pour le Québec.

Selon M. Belkaloul, la compagnie ferroviaire Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA), propriétaire du convoi accidenté, collabore bien à l'enquête. « À date, tout va bien. On obtient les résultats qu'on demande », a-t-il dit. « Dans toutes les enquêtes, il faut négocier, mais en général ça marche bien, il n'y a pas eu vraiment d'obstacles majeurs. »

Le BST continue de recueillir des renseignements auprès de MMA et de Transports Canada « afin de comprendre la relation qu'il y a entre l'agence de réglementation et la compagnie de chemin de fer, et mieux comprendre les procédures utilisées par cette compagnie. »

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