DIVERTISSEMENT

Jacques Northon: les yeux de l'Inde sans fard (PHOTOS)

01/08/2013 11:14 EDT | Actualisé 01/10/2013 05:12 EDT
Ismaël Houdassine

Jacques Northon est caméraman au service des nouvelles de TVA à temps plein. Mais quand vient le temps des vacances, l'homme de 53 ans lâche sa caméra vidéo et prend son appareil photo pour aller à la rencontre des peuples de l'Inde. Son dernier voyage en 2010 lui a permis de découvrir la ville sacrée et peu connue de Varanasi.

Il en est revenu avec de superbes clichés exposés durant le mois d'août au café Pourquoi Pas Espresso Bar à Montréal sur le thème «Varanasi comme je l'ai vu», une magnifique façon de découvrir la beauté de l'Inde. Plus qu'une passion, ses photos dévoilent surtout la richesse d'un pays injustement jugé derrière le prisme de la misère.

Ce qui frappe lorsque l'on observe pour la première fois les portraits de Jacques Northon ce sont tous ces magnifiques visages qui ont accepté de poser pour le photographe. Au coin d'une rue ou bien près d'un temple, autant de moments pris au vif et qui montrent une réelle joie de vivre. «Je veux présenter la beauté, explique-t-il en entrevue. Je ne cherche pas la controverse. Ce qui m'intéresse avant tout, c'est de ressortir la beauté qui existe chez les gens même si je sais que les conditions de vie sont très difficiles là-bas».

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Jacques Northon: les yeux de l'Inde sans fard

Certes la misère existe en Inde, Northon ne s'en cache pas. Toutefois, la démarche n'est pas touriste ou journalistique, mais plutôt artistique. Ses photos évoquent davantage le bonheur, l'apaisement et la sagesse des lieux visités. «Varanasi est une des villes les plus sacrées de l'hindouisme. Ceux qui sont sur le point de mourir viennent à Varanasi, c'est un lieu sacré. J'ai décidé de partir dans cette ville presque sur un coup de tête. J'ai fait pas mal de voyages dans ma vie. J'ai couvert de nombreuses catastrophes dont le terrible tsunami de 2004 en Thaïlande. En partant pour Varanasi, je voulais surtout changer d'atmosphère», affirme-t-il.

Le voilà alors muni de son petit appareil Nikon dans un pays dont il ne connaît pas les coutumes. Les sentiers balisés, les attraits touristiques ou bien les monuments inscrits dans les guides, ce n'est pas pour lui. On l'aura compris, ce qui l'intéresse ce sont d'abord les gens, mais pas n'importe lesquels. Ceux issus des classes les plus pauvres. «J'essaye toujours de sortir des sentiers battus. Je me vois comme un photographe amateur. L'appareil n'a pas d'importance. Ce qui compte est le moment idéal, l'endroit parfait dans une journée. Je n'hésite pas à aller au contact de l'autre».

Impossible de rester insensible devant la photo de cette fillette brune qui vous regarde droit dans les yeux. «Elle est une intouchable, la caste la plus basse dans la religion hindoue. Elle vit dans un bidonville. On suppose que le frigidaire chez elle n'est pas plein. Pourtant, elle m'observe avec son doux regard», dit-il.

Selon Northon, l'Inde est un grand pays qui a beaucoup à offrir. «Du Québec, on a tendance à juger trop vite. De notre salon, on a l'impression que toutes les femmes sont malheureuses ou qu'elles sont mariées de force. Mes voyages m'ont permis de rencontrer des femmes heureuses. Elles ne sont pas riches, mais elles ne sont pas malheureuses pour autant», raconte-t-il.

Les femmes et les enfants sont d'ailleurs omniprésents tout au long de l'exposition. «En Inde, la femme est le pilier de la famille. Elles travaillent plus souvent que les hommes. Ce sont elles que je trouve intéressantes. Elles ont du caractère. Les enfants vous suivent partout où vous allez. Ils ont des histoires et veulent toujours être photographiés. Ils rient et sourient. C'est magnifique!», conclut-il.

L'exposition «Varanasi comme je l'ai vu» se déroule jusqu'au 15 août 2013

Pourquoi Pas Espresso Bar

1447 rue Amherst

Montréal, QC