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Elections au Zimbabwe: forte participation malgré les soupçons de fraude, poursuite du dépouillement

31/07/2013 06:07 EDT | Actualisé 30/09/2013 05:12 EDT
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Zimbabwe president and leader of Zimbabwe African National Union-Patriotic Front (ZANU-PF) Robert Mugabe delivers a speech at his party's annual national conference in Gweru, on December 7, 2012. Mugabe vowed to overhaul business laws to require 100% black ownership of firms. AFP/PHOTO JEKESAI NJIKIZANA (Photo credit should read JEKESAI NJIKIZANA/AFP/Getty Images)

Les Zimbabwéens ont massivement participé à l'élection présidentielle mercredi, malgré les accusations de fraude lancées par les partisans du Premier ministre Morgan Tsvangirai, qui tente de déboulonner l'inusable Robert Mugabe, 89 ans, et au pouvoir sans discontinuer depuis 33 ans.

Le dépouillement des bulletins de vote devait se poursuivre jeudi, alors que la police a averti mercredi soir qu'elle arrêterait "toute personne ou tout groupe" qui publierait des résultats non officiels de l'élection, a indiqué à la presse une porte-parole, Charity Charamba.

Cet avertissement concerne aussi les publications sur internet, a-t-elle précisé.

La présidente de la Commission électorale (ZEC) a de son côté fait état d'une "forte participation", et le chef de la mission d'observateurs de l'Union africaine, le Nigérian Olusegun Obasanjo, a qualifié le scrutin de "pacifique, ordonné, libre et honnête", dans une première réaction juste après la fermeture des bureaux de vote à 19H00 (17H00 GMT).

Dans ce pays meurtri par les violences politiques depuis des années, la journée s'est déroulée dans le calme, mais le MDC, le parti de M. Tsvangirai, a dénoncé des irrégularités dans la composition des listes électorales, publiées à moins de 24 heures du vote.

Ayant rencontré les responsables de la Commission électorale mardi, le ministre des Finances --et lieutenant de M. Tsvangirai-- Tendai Biti a relevé qu'"ils admettent qu'il y a toujours deux millions de morts sur les listes électorales, mais ils disent que ces gens ne peuvent pas voter parce qu'ils sont morts". Deux autres millions de personnes (vivantes) n'ont pas pu s'inscrire sur les listes électorales, selon lui.

M. Biti a également affirmé que de nombreux citoyens n'avaient pas pu voter, leur nom ne figurant pas sur les listes. Il a accusé des partisans de Robert Mugabe d'avoir distribué de fausses attestations d'inscription, qui permettaient à ceux dont le nom était introuvable sur les listes de voter tout de même.

"J'ai toujours voté dans cette circonscription, et j'ai été choqué aujourd'hui en apprenant que mon nom n'était pas sur la liste", a expliqué Gilbert Matsika au bureau de Glen View 1, à Harare. On lui a dit d'aller se faire inscrire pour être sûr de voter aux élections suivantes, mais "je voulais voter aujourd'hui, pas plus tard", a-t-il raconté à l'AFP.

Eternel rival malheureux du chef de l'Etat jusqu'à présent, le Premier ministre Morgan Tsvangirai, 61 ans, a cependant prédit qu'il gagnerait "de façon assez retentissante", après avoir voté dans la matinée à Harare.

Les sondages crédibles sont rares, mais une enquête menée en mars et avril par le cabinet américain Williams indiquait que 61% des Zimbabwéens avaient une bonne opinion du MDC, le mouvement de M. Tsvangirai, contre 27% pour la Zanu-PF du président Mugabe.

Le vieux président Robert Mugabe, dont les précédentes élections ont été marquées par des violences et des tricheries, a promis que le scrutin serait juste.

"Je suis sûr que les gens vont voter librement, il n'y a aucune pression exercée sur qui que ce soit", a déclaré M. Mugabe après avoir voté dans une école primaire du faubourg de Highfield, à Harare.

Lors de la dernière présidentielle en 2008, M. Tsvangirai avait pris l'avantage avec 47% des voix au premier tour, contre 43% à Robert Mugabe. Les partisans du président s'étaient alors déchaînés contre leurs opposants, faisant près de 200 morts.

Pour éviter une guerre civile, M. Tsvangirai avait retiré sa candidature, laissant le sortant seul en lice pour le second tour. Puis il avait accepté en 2009 de cohabiter avec M. Mugabe, sous la pression de la communauté internationale, pour mettre fin aux violences.

Ce scrutin est maintenant censé les départager. Mais son caractère démocratique est discuté. Le chef de l'Etat est accusé par plusieurs ONG de défense des droits de l'homme d'avoir savamment créé un climat d'intimidation et découragé les voix dissidentes par le harcèlement policier.

Les résultats du premier tour de la présidentielle ne sont pas attendus avant lundi, un éventuel deuxième tour devant être organisé le 11 septembre pour départager MM. Mugabe et Tsvangirai si aucun n'obtient 50% des voix dès mercredi.

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