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Le pouvoir égyptien charge la police de mettre fin aux sit-in pro-Morsi

31/07/2013 01:33 EDT | Actualisé 30/09/2013 05:12 EDT
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An Egyptian supporter of deposed president Mohamed Morsi raises a Koran flashing the sign of victory during a demonstration against the government in al-Nasr street in Cairo on July 30, 2013. EU foreign policy chief Catherine Ashton met Egypt's ousted president on July 30, 2013, saying he was 'well,' but the country's political crisis seemed no closer to resolution despite her efforts. AFP PHOTO/FAYEZ NURELDINE (Photo credit should read FAYEZ NURELDINE/AFP/Getty Images)

Le gouvernement égyptien a chargé mercredi la police de mettre fin aux sit-in des partisans du président déchu Mohamed Morsi mais les islamistes ont aussitôt rejeté cette menace, ce qui fait planer la menace de nouveaux bains de sang dans le pays.

Ce développement dans l'épreuve de force entre le nouveau pouvoir soutenu par l'armée qui a destitué M. Morsi le 3 juillet, et les Frères musulmans, la formation du président déchu, intervient en pleins efforts diplomatiques pour trouver une issue politique au conflit avec plusieurs responsables étrangers attendus en Egypte.

La justice a quant à elle porté un nouveau coup dur aux Frères musulmans, en annonçant que leur Guide suprême Mohamed Badie, actuellement recherché, et deux autres dirigeants au moins de la puissante confrérie emprisonnés seront jugés pour "incitation au meurtre" de manifestants.

Alors que des épisodes particulièrement meurtriers sont survenus récemment aux abords des sit-in pro-Morsi sur les places Rabaa al-Adawiya (nord-est du Caire) et Al-Nahda (près de l'université du Caire), où des milliers d'islamistes campent depuis un mois, le nouveau pouvoir a estimé que ces rassemblements n'étaient "plus acceptables".

Il a "chargé le ministre de l'Intérieur de prendre les décisions adéquates" face à ces sit-in, considérés comme une "menace pour la sécurité nationale", après l'appel de l'armée aux Egyptiens à descendre en masse vendredi dernier pour "donner mandat" aux autorités d'en finir avec le "terrorisme".

Cet appel fait craindre une intervention imminente même si aucune échéance n'a été précisée.

Rien ne va changer

Mais les partisans du président islamiste, déposé par les militaires après des manifestations massives contre lui et depuis retenu dans un lieu secret, ont immédiatement rejeté cette menace, et retourné l'accusation de "terrorisme" contre les autorités.

"Rien ne va changer", a déclaré un porte-parole de la coalition islamiste pro-Morsi, Gehad el-Haddad, interrogé pour savoir si ces rassemblements allaient cesser.

Aucune tension particulière n'était perceptible en fin d'après-midi devant l'accès principal à Rabaa al-Adawiya, dans le faubourg de Nasr City, le plus important des deux rassemblements pro-Morsi, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le nouveau pouvoir semble resserrer son étau autour des islamistes alors que les appels internationaux se multiplient en faveur d'une transition politique incluant toutes les parties, dont les Frères musulmans.

L'envoyé spécial de l'UE au Moyen-Orient, Bernardino Leon, et le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle sont attendus mercredi au Caire, dans la foulée d'une visite de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

M. Westerwelle entend plaider pour un "retour rapide à la démocratie" après le coup militaire qui a destitué M. Morsi et abouti à la mise en place d'un pouvoir intérimaire, dirigé par un président de transition, Adly Mansour, mais dont l'homme fort est le chef de l'armée et ministre de la Défense, le général Abdel Fattah al-Sissi.

Une délégation de l'UA a pu voir Morsi

"Le message le plus important (de M. Westerwelle) c'est qu'il est crucial que toutes les parties s'engagent à coopérer et renoncent à la violence", selon son porte-parole.

Le président américain Barack Obama va, quant à lui, dépêcher la semaine prochaine deux influents sénateurs, Lindsey Graham et John McCain, au Caire pour presser l'armée d'organiser des élections générales et d'accélerer un retour au pouvoir civil.

Reflétant les craintes à l'étranger, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a appelé le général Sissi et l'a exhorté à la "retenue".

Au Caire, une mission de l'Union africaine a pu rencontrer M. Morsi dans l'endroit toujours secret où il est détenu. Mme Ashton avait été mardi la première personne autorisée par les militaires à le voir.

Les nouvelles autorités ont exclu que M. Morsi, sous le coup d'une demande de mise en détention préventive, puisse retrouver un rôle politique quelconque, récusant la demande de ses partisans de voir le premier président élu démocratiquement du pays reprendre ses fonctions.

En revanche, le ministre des Affaires étrangères Nabil Fahmy a assuré que "les islamistes doivent prendre part à l'avenir" de l'Egypte.

Il a estimé que les Frères musulmans, interdits pendant des décennies sous l'ancien régime de Hosni Moubarak, chassé du pouvoir en 2011 par une révolte populaire, pouvaient "participer à la rédaction de la Constitution et des lois électorales", conditionnant toutefois cette participation à l'arrêt des violences.

Au total, des heurts en marge de manifestations rivales pro et anti-Morsi à travers le pays et des attaques contre les forces de sécurité dans l'instable péninsule du Sinaï ont fait plus de 300 morts depuis fin juin. Samedi, 81 civils et un policier avaient péri dans des heurts entre islamistes et forces de l'ordre au Caire.

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