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Le gouvernement égyptien ordonne à la police de démanteler les camps pro-Morsi

31/07/2013 08:34 EDT | Actualisé 30/09/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Le gouvernement égyptien, soutenu par les militaires, a ordonné mercredi à la police de démanteler deux camps de manifestants pro-Morsi au Caire, affirmant que les partisans du président destitué représentent une menace à la sécurité nationale et qu'ils «terrorisent» les citoyens.

L'annonce laisse croire à une répression imminente contre les deux «sit-in» lourdement barricadés, l'un devant une mosquée de l'est de la capitale et l'autre devant le principal campus de l'université du Caire. Elle fait également craindre de nouvelles violences, après des affrontements entre policiers et manifestants islamistes qui ont fait plus de 130 morts depuis le début du mois de juillet.

Le ministre de l'Intérieur, Mohammed Ibrahim, a indiqué que l'ordre de démantèlement serait exécuté de façon progressive, conformément aux instructions des procureurs. Lors d'une entrevue téléphonique avec l'Associated Press, M. Ibrahim a dit espérer que les manifestants partent d'eux-mêmes, sans que les autorités aient à intervenir.

Ahmed Sobaie, un porte-parole du parti Liberté et Justice affilié aux Frères musulmans, a affirmé que la décision du gouvernement ouvrait la voie à «un autre massacre».

Les organisateurs des manifestations des partisans de Mohammed Morsi affirment que la poursuite du mouvement est une preuve des appuis durables dont bénéficie le président destitué par les militaires le 3 juillet.

Les Frères musulmans ont jusqu'à présent refusé de coopérer avec les nouveaux dirigeants intérimaires du pays et de participer au plan de transition élaboré par les militaires, en vue de céder le pouvoir à un gouvernement élu démocratiquement d'ici le début de 2014.

Les autorités ont déjà commencé à sévir contre les Frères musulmans, en arrêtant M. Morsi et d'autres responsables de la confrérie. Mercredi, des procureurs ont cité à procès trois hauts responsables des Frères musulmans, accusés d'avoir incité au meurtre d'au moins huit manifestants le mois dernier au Caire.

Les trois leaders sont Mohammed Badie, le chef en cavale du groupe; son puissant adjoint, Khairat el-Shater; et un important dirigeant du mouvement, Rashad Bayoumi.

La semaine dernière, les procureurs égyptiens ont annoncé que M. Morsi, qui est détenu dans un lieu inconnu depuis sa destitution, était soupçonné d'avoir comploté avec des militants du Hamas palestinien pour s'échapper de prison pendant le soulèvement qui a mené au départ d'Hosni Moubarak, en 2011.

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