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La CAQ prédit un prolongement de la Commission Ménard à des fins électoralistes

31/07/2013 04:03 EDT | Actualisé 30/09/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - La Coalition avenir Québec (CAQ) n'est nullement surprise du report d'un mois des audiences de la Commission spéciale d’enquête sur les événements du printemps 2012 au Québec et s'attend maintenant à ce qu'elle demande une prolongation de son mandat, ce qui servirait selon elle les intérêts politiques du Parti québécois.

«Vous allez voir qu'on va redemander une extension et ça va amener (le dépôt du rapport) quelque part au mois de mars, peut-être un mois avant les élections», a soutenu le porte-parole caquiste en matière de Justice, Jacques Duchesneau, pour qui l'échéance électorale ne fait aucun doute.

«C'est clair, je n'ai même pas de doute dans mon esprit. C'est bien évident qu'on va être en élection au printemps prochain.»

M. Duchesneau se dit toujours convaincu que la commission, présidée par l'ex-ministre de la Sécurité publique Serge Ménard, a été mise sur pied par le gouvernement Marois strictement à des fins électoralistes.

«On va se faire du capital parce qu'il est clair que, ce que l'on vise essentiellement au niveau du Parti québécois, c'est de faire porter le blâme de tout ça au Parti libéral. C'est de la petite politique», a tranché le député de Saint-Jérôme.

La commission a décidé de reporter ses audiences, qui devaient en principe s'amorcer ce jeudi, au début de septembre, constatant que les éventuels témoins n'étaient pas disponibles en raison de la période des vacances estivales.

M. Duchesneau se garde bien, toutefois, de pointer du doigt le président de la commission, disant avoir le plus grand respect pour M. Ménard et pour l'ex-juge Bernard Grenier, qui est également commissaire au sein de l'organisme.

«J'apprécie particulièrement M. Ménard, que j'ai côtoyé, a expliqué M. Duchesneau. Je n'ai pas de doute que M. Ménard et le juge Grenier, que j'ai aussi côtoyé dans ma carrière, ce sont deux sommités. C'est le seul espoir que j'ai qu'il va peut-être se produire quelque chose de positif là-dedans.»

Il a davantage de réserves à l'endroit de la troisième commissaire, l'ex-présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, qu'il estime biaisée en raison de sa position contre le hausse des droits de scolarité durant le conflit.

De son côté, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) se dit prête à participer aux audiences si on le lui demande, même si elle a des réserves quant au mandat de la commission et au format.

«Nous ne sommes pas d'accord avec la grande étendue du mandat; entre autres, ils peuvent se pencher sur des comparaisons internationales, ça peut être très long, a fait valoir le président de la FEUQ, Antoine Genest-Grégoire. Il y a aussi le fait que ce n'est pas une commission d'enquête comme on le réclamait, mais bien une commission d'examen.»

Cependant, il précise que la fédération se doit d'être présente.

«La FEUQ ne veut pas pratiquer la politique de la chaise vide. Même si cette tribune n'est pas parfaite, il est important pour nous de faire le post-mortem des événements de 2012. Ç'a été quand même assez traumatisant. On a vu des choses assez terribles», a laissé tomber le leader étudiant.

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