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Égypte : le nouveau pouvoir resserre l'étau autour des Frères musulmans

31/07/2013 03:12 EDT | Actualisé 29/09/2013 05:12 EDT

La confrérie des Frères musulmans est dans la ligne de mire du nouveau pouvoir égyptien. D'un côté, la justice poursuit la direction du mouvement pour incitation au meurtre. De l'autre côté, la police est chargée de vider les places où sont rassemblés les partisans du président renversé Mohamed Morsi.

Des sources judiciaires ont rapporté que les autorités avaient traduit en justice Mohamed Badie, guide suprême des Frères musulmans, et deux autres cadres de la confrérie pour « incitation au meurtre ».

Les dirigeants de la confrérie sont accusés d'avoir incité au meurtre de personnes qui manifestaient devant les locaux des Frères musulmans au Caire le 30 juin, trois jours avant le renversement par l'armée du président Mohamed Morsi.

Par ailleurs, le gouvernement a annoncé qu'il considérait les rassemblements de protestation contre le renversement du président Morsi comme une menace à la sécurité nationale. Dans la foulée, les autorités ont annoncé qu'elles allaient disperser ces rassemblements.

Les Frères musulmans ont refusé de mettre fin à leurs manifestations et ont dit ne pas craindre une nouvelle répression meurtrière. Ils entendent poursuivre leurs rassemblements jusqu'au rétablissement de M. Morsi dans ses fonctions.

« Ils ont essayé de faire cela à deux reprises, sans succès », a déclaré Gehad El-Haddad, porte-parole de la confrérie. « Ils ont tué 200 manifestants. Est-ce qu'ils veulent recommencer? »

« Nous ne reconnaissons pas ce gouvernement et nous ne reconnaissons pas les autorités ni les lois qu'ils représentent », a-t-il également déclaré.

Depuis l'éviction de Mohamed Morsi, près de 300 personnes ont été tuées, dont 80 membres de la confrérie islamiste samedi à l'aube, lors d'une intervention des forces de sécurité.

Mohamed Morsi reçoit de la visite

Le président renversé Mohamed Morsi a reçu la visite d'une délégation de l'Union africaine, selon l'agence de presse officielle MENA.

L'Union africaine avait décidé de suspendre l'Égypte après le renversement de M. Morsi le 3 juillet.

Lundi, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a rencontré M. Morsi.

Le président Morsi est en détention secrète depuis que l'armée l'a chassé du pouvoir.

La semaine dernière, les procureurs égyptiens ont annoncé que M. Morsi était soupçonné d'avoir comploté avec des militants du groupe Hamas pour s'échapper de prison pendant le soulèvement qui a mené au départ d'Hosni Moubarak, en 2011.

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