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Espagne: le chauffeur du train ne comprend pas pourquoi il n'a pas pu freiner

31/07/2013 08:11 EDT | Actualisé 30/09/2013 05:12 EDT
AFP

Le conducteur du train qui a déraillé le 24 juillet à Saint-Jacques de Compostelle a déclaré au juge qu'il ne "comprenait pas" pourquoi il n'avait pu freiner à temps, ce qui aurait permis d'éviter le drame, rapporte le journal El Pais mercredi 31 juillet.

"Sincèrement, je vous dis que je ne sais pas, je ne suis pas assez fou pour ne pas avoir freiné", explique le chauffeur, Francisco José Garzon Amo, lors de son interrogatoire dimanche 30 juillet par le juge Luis Alaez. Le juge demande alors: "Avez-vous activé le frein à un moment quelconque?"

"Quand c'était déjà inévitable", répond le conducteur dans cet extrait. "Avant que le train ne se renverse, j'avais tout activé et je vois que non, que non, que ça ne passe pas". "Je n'ai eu le temps de rien". "Je ne le comprends toujours pas", ajoute-t-il lorsque le juge lui demande pourquoi il n'a pas réduit plus tôt la vitesse du train.

Il parlait au téléphone et semblait "consulter un plan"

La veille, le tribunal avait affirmé en se basant sur les boîtes noires du train que le conducteur, Fransisco José Garzon Amo, parlait au téléphone avec un employé de la compagnie de chemin de fer au moment de l'accident et semblait alors "consulter un plan".

Selon l'enregistrement audio des boîtes noires, "le conducteur, au moment de l'accident, parlait au téléphone avec un membre du personnel de la Renfe, semblant être un contrôleur", qui lui donnait des indications et "il semble qu'il consultait un plan ou un document similaire en papier", selon un communiqué du tribunal.

Le train roulait à 153 kilomètres heure au moment où il a déraillé, faisant 79 morts. "Dans les kilomètres ayant précédé le lieu de l'accident, le train roulait à 192 kilomètres heure", a ajouté le tribunal dans un communiqué, indiquant "qu'un frein avait été activé quelques secondes avant l'accident".

Francisco José Garzon Amo, cheminot expérimenté de 52 ans, avait, selon la presse, reconnu lors de son audition dimanche par le juge Luis Alaez avoir eu un moment de "distraction" et ne pas avoir réussi à freiner, sans pouvoir expliquer pourquoi. Mis en examen dimanche pour "79 faits d'homicide par imprudence" par le juge d'instruction Luis Alaez. Il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

Lors de son audition par le juge, le conducteur, un cheminot à la longue expérience qui avait déjà effectué 60 fois ce trajet, avait reconnu, selon la presse, avoir eu "une distraction" au moment de l'accident et ne pas avoir freiné à temps, sans pouvoir expliquer pourquoi.

Cet accident, la plus grave catastrophe ferroviaire en Espagne depuis 1944, a fait 79 morts. 66 blessés étaient encore hospitalisés mardi, dont 15 se trouvaient dans un état grave.

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