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Accidents d'avions: Transports Canada a ignoré des recommandations du BST

31/07/2013 09:59 EDT | Actualisé 30/09/2013 05:12 EDT

RICHMOND, C.-B. - Le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada a révélé mercredi que le gouvernement fédéral avait ignoré à plusieurs reprises ses recommandations visant à réduire les incendies après impact à bord des petits avions, recommandations qui auraient pu sauver la vie de deux pilotes décédés il y a deux ans à la suite de l'écrasement d'un bimoteur en Colombie-Britannique.

L'organisme a publié mercredi son rapport d'enquête sur l'accident survenu en octobre 2011 lorsqu'un Beechcraft King Air 100 de la compagnie aérienne Northern Thunderbird Air transportant deux pilotes et sept passagers s'est écrasé en essayant d'effectuer un atterrissage d'urgence à l'aéroport international de Vancouver.

Selon le rapport, plusieurs facteurs ont contribué à la catastrophe, dont le fait que l'équipe d'entretien n'avait pas verrouillé le bouchon de l'un des réservoirs d'huile et que les moteurs et les hélices de l'appareil avaient été modifiés ainsi que la décision du pilote d'ajuster la puissance d'un seul moteur alors que l'avion s'approchait de la piste.

Les enquêteurs ont toutefois conclu que les pilotes auraient probablement survécu si des circuits sous tension alimentés par la batterie du Beechcraft n'avaient pas provoqué un incendie dans la cabine de pilotage. Les deux hommes étaient vivants lorsqu'ils ont été retirés de la carcasse, mais sont décédés plus tard des suites des brûlures subies.

Bill Yearwood, un représentant du BST, a déclaré en conférence de presse mercredi qu'il était clair que ces décès avaient été causés par les flammes puisque les blessures liées à l'impact n'étaient pas assez graves pour entraîner la mort.

Il a ajouté que les feux d'origine électrique à bord des avions à la suite d'accidents pouvaient être évités, que c'était un problème que l'industrie automobile avait déjà réglé et que Transports Canada était d'accord avec le BST sur ce point mais n'avait encore rien fait pour remédier à la situation.

Le BST avait déjà publié un rapport en 2006 sur les incendies après impact et formulé une série de recommandations pour prévenir ce genre de feu ou en réduire l'intensité. Le document était basé sur l'examen de 521 accidents d'avion. Dans 128 cas, des passagers avaient été tués ou sérieusement blessés en raison de la présence de flammes ou de fumée dans l'appareil après l'accident.

Transports Canada a refusé d'accorder une entrevue sur le rapport rendu public mercredi. Dans un bref communiqué, le ministère a toutefois indiqué qu'il lirait le document et assuré qu'il travaillait à élaborer de nouvelles normes afin de diminuer les risques d'incendie après impact à bord des avions.

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