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Zimbabwe: le président Mugabe assure qu'il va partir s'il perd l'élection

30/07/2013 05:35 EDT | Actualisé 29/09/2013 05:12 EDT

HARARE, Zimbabwe - À la veille de l'élection présidentielle au Zimbabwe, le président Robert Mugabe a assuré mardi qu'il cèderait sa place s'il perd le scrutin, après 33 ans à la tête d'un pays autrefois considéré comme prospère, mais dont l'économie est aujourd'hui en déroute.

Lors d'une conférence de presse à Harare, la capitale, M. Mugabe a nié que ses partisans se soient engagés dans une opération de trucage des votes, malgré les nombreuses allégations d'irrégularités durant la préparation du scrutin.

Les gouvernements occidentaux ont condamné les précédentes élections remportées par M. Mugabe, estimant que les scrutins avaient été marqués par les violences, l'intimidation et le bourrage d'urnes. Même si la campagne actuelle a été beaucoup moins violente que les précédentes, plusieurs indices laissent penser que le processus électoral est vulnérable à la manipulation, faisant craindre l'aggravation de l'incertitude politique à l'issue du scrutin.

«Nous n'avons pas triché, jamais, jamais», a déclaré Robert Mugabe, 89 ans, au pouvoir depuis l'indépendance du Zimbabwe, en 1980.

Il a rejeté les allégations voulant que les commandants de la police et de l'armée qui lui sont fidèles n'accepteraient pas une éventuelle victoire du premier ministre Morgan Tsvangirai, ancien chef de l'opposition. Lors de précédentes déclarations de campagne, M. Mugabe avait pourtant lancé des attaques très dures contre son adversaire.

Le président a affirmé que la campagne actuelle avait été pacifique, sauf «quelques incidents ici et là», et a indiqué que tout trouble éventuel entourant la contestation des résultats ne serait pas toléré.

Les observateurs internationaux estiment que la commission électorale zimbabwéenne, dominée par des partisans de M. Mugabe, est très mal préparée pour organiser des élections justes. L'International Crisis Group, notamment, juge que les conditions d'une élection libre ne sont pas présentes.

«La confiance envers le processus et les institutions est faible. La liste d'électeurs est un fouillis, les forces de sécurité n'ont pas été réformées et les médias sont nettement déséquilibrés. La commission électorale est sous-financée et a manqué de temps pour se préparer. Les inquiétudes quant aux fraudes sont répandues et des résultats fortement disputés sont très probables», affirme l'organisation, dont le siège de trouve à Bruxelles.

L'International Crisis Group estime que le retour d'une crise politique prolongée, et possiblement des violences répandues, sont probables au Zimbabwe, en particulier si les observateurs électoraux africains échouent à identifier les failles du processus électoral.

Le gouvernement Mugabe a interdit la présence d'observateurs américains et européens, mais a autorisé les observateurs provenant de pays amis, notamment les pays africains.

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