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Les régimes expérimentaux sur des Autochtones étaient approuvés par Ottawa

30/07/2013 09:42 EDT | Actualisé 29/09/2013 05:12 EDT
PC

Des expériences nutritionnelles sur des Autochtones mal nourris dans les années 1940 et 1950 ont été menées en toute connaissance de cause par le gouvernement fédéral, selon des documents obtenus par CBC News.

Des procès-verbaux d'un comité de la Chambre des communes montrent que ce dernier a approuvé la demande de chercheurs qui souhaitaient poursuivre leurs expériences sur des Autochtones de Norway House, dans le Nord manitobain, en 1944.

Les expériences ont débuté lorsqu'un médecin des Affaires indiennes et deux collègues de New York et de l'Université de Toronto ont établi un lien entre une épidémie de tuberculose, des cas de cécité et la malnutrition, lors d'une visite de la réserve Norway House.

Au lieu d'améliorer l'alimentation des 300 Cris de la réserve, les médecins ont décidé de donner des suppléments nutritionnels à seulement 125 d'entre eux.

Deux ans plus tard, les chercheurs ont noté une amélioration de la santé du groupe qui recevait des vitamines.

Selon une étude d'Ian Mosby, qui étudie l'histoire de l'alimentation au Canada, au moins 1300 Autochtones, la plupart des enfants, ont été des cobayes pour des régimes expérimentaux dans les années 1940 et 1950.

Le ministre des Affaires indiennes, Bernard Valcourt, a confirmé mardi que des jeunes des pensionnats autochtones ont été astreints à des régimes expérimentaux qu'il a qualifiés d'« exemples répugnants des pages sombres du legs des pensionnats autochtones ».

Son bureau a refusé de répondre aux questions concernant les dernières révélations de privations intentionnelles qui auraient pris place dans des réserves.

Selon l'historien qui a mis au jour les régimes expérimentaux, ceux-ci ont débuté dans la réserve Norway House et se sont poursuivis dans les pensionnats autochtones de Port Alberni (C.-B.), Kenora (Ontario), Shubenacadie (N.-É.) et Lethbridge (Alberta).

Candace Davies, qui supervise un programme de cuisines collectives à la Ontario Native Women's Association de Thunder Bay, soutient que la nourriture est une part importante de ce qui lie les Autochtones les uns aux autres, ce qui rend la révélation de ces expérimentations encore plus troublante.

« Ce qui a été fait est simplement dévastateur », soutient-elle. « Un processus de guérison et plus de programmes doivent être financés pour aider les Autochtones à se retrouver », ajoute-t-elle.

Un conseiller en politiques des nations Anishinabek en Ontario, Jody Kechego, a affirmé quant à lui que les détails de ces expériences sont une preuve de plus du traitement infligé par le Canada aux Premières Nations, et a ajouté que les communautés autochtones ne s'attendent pas à ce que le gouvernement fasse amende honorable dans un avenir proche.

« Lorsqu'il s'agit des Premières Nations, il semble que le Canada ne soit pas prêt à agir d'une manière juste », lance-t-il.