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Pervez Musharraf sera accusé du meurtre de Benazir Bhutto

30/07/2013 07:47 EDT | Actualisé 29/09/2013 05:12 EDT

L'ex-président pakistanais Pervez Musharraf sera formellement accusé du meurtre de Benazir Bhutto, assassinée en public lors d'un rassemblement politique en 2007.

L'ancien président et chef de l'armée pakistanaise, qui est en résidence surveillée, a appris la nouvelle mardi lors de sa comparution devant un tribunal antiterroriste qui se penche sur le meurtre de l'ancienne première ministre.

Pervez Musharraf doit retourner devant le tribunal le 6 août pour la lecture officielle des chefs d'accusation retenus contre lui.

L'ex-général de l'armée pakistanaise, qui a dirigé le Pakistan de 1991 à 2008 à la suite d'un coup d'État mené contre le gouvernement civil de Nawaz Sharif, a été arrêté au printemps dernier, peu de temps après être rentré au Pakistan après quatre ans d'exil. Il avait déclaré être revenu au pays pour participer aux élections.

C'est la première fois au Pakistan qu'un ex-chef des armées est arrêté et traduit en justice pour le meurtre d'opposants politiques.

Pervez Musharraf était soupçonné depuis longtemps de ne pas avoir assuré convenablement la sécurité de sa rivale Benazir Bhutto, assassinée en décembre 2007, à Rawalpindi, en pleine campagne électorale.

Le gouvernement de Pervez Musharraf avait à l'époque attribué cet assassinat au chef des talibans pakistanais du TTP, Baitullah Mehsud, qui avait nié toute implication et qui a depuis été tué par un tir de drone américain.

Selon les avocats de Pervez Musharraf, ce dernier a l'intention de plaider non-coupable. Les juristes rappellent par ailleurs que personne n'a jamais été condamné pour le meurtre de Benazir Bhutto.

Le procureur au dossier assassiné

Rappelons également que le procureur qui était responsable de l'enquête sur la mort de Benazir Bhutto, Chaudhry Zulfiqar, a lui aussi été assassiné en mai 2013, à Islamabad.

Première femme à être élue à la tête d'un gouvernement dans le monde musulman, Benazir Bhutto a accompli deux mandats de première ministre du Pakistan.

Elle a dû s'exiler en 1996 à la suite d'accusations de corruption.

Elle était revenue en octobre 2007 au Pakistan pour participer aux élections législatives de 2008 à la faveur d'une amnistie qui lui avait été accordée par le président de l'époque, Pervez Musharraf.

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