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Les proches du jeune homme tué à Toronto ne blâment pas tous les policiers

30/07/2013 07:31 EDT | Actualisé 29/09/2013 05:12 EDT

TORONTO - La famille du jeune homme abattu le week-end dernier dans un tramway par la police de Toronto a déclaré mardi que l'incident était une tragédie pour toutes les personnes impliquées et qu'elle ne gardait pas rancune aux milliers de policiers qui protègent chaque jour la population.

Sammy Yatim, âgé de 18 ans, est décédé tôt samedi matin dans le cadre de ce que l'Unité des enquêtes spéciales (UES), l'organisme civil chargé de surveiller les forces de l'ordre en Ontario, a qualifié d'interaction avec la police. L'événement a été capté par une caméra de surveillance et par le téléphone mobile d'un passant.

La vidéo tournée par le passant montre Sammy en train de marcher dans le tramway vide alors que les policiers lui crient de déposer son couteau. Neuf coups de feu retentissent ensuite, d'abord trois puis six autres après une pause d'environ six secondes. L'UES a indiqué que le jeune homme avait été atteint par plusieurs balles.

Dans un communiqué publié mardi, la famille Yatim a remercié le chef de la police de Toronto, Bill Blair, de l'avoir personnellement contactée et a promis de collaborer à l'investigation de l'UES.

Elle a dit espérer que l'incident ferait l'objet d'une enquête complète pour que, à l'avenir, ces situations soient mieux gérées et désamorcées avant que la police ne recoure à une force excessive.

Sur les images de la caméra de surveillance obtenues par Global News, on peut voir Sammy s'écrouler après les trois premiers coups de feu. Cette vidéo n'a pas de son mais, lorsqu'elle est jouée simultanément avec celle filmée par le passant, elle montre que le jeune homme était apparemment toujours au sol, l'une de ses jambes bougeant légèrement, au moment où les six autres coups ont été tirés.

Les policiers grimpent ensuite dans le tramway et le bruit d'un pistolet à impulsions électriques se fait entendre. L'UES a confirmé qu'une arme de ce genre avait également été utilisée par la police.

L'UES a désigné l'un des policiers comme principal sujet de son investigation et 22 de ses collègues comme témoins. Le président de l'Association de la police de Toronto, Mike McCormack, a déclaré que l'officier impliqué dans l'incident était «dévasté».

Il a toutefois ajouté que le public ne devrait pas sauter aux conclusions avant que les enquêteurs aient recueilli tous les renseignements requis.

L'agent concerné a retenu les services de l'avocat Peter Brauti, qui a souvent défendu les forces de l'ordre par le passé. L'avocat a identfié son client: il s'agirait du constable James Forcillo.

Le chef de la police de Toronto, Bill Blair, a révélé que son bureau ouvrirait aussi une enquête sur l'affaire. L'Ombudsman de l'Ontario a pour sa part indiqué qu'il examinerait le dossier afin de déterminer s'il était nécessaire de lancer une investigation plus large.

Des centaines de personnes ont manifesté lundi pour dénoncer la mort de Sammy Yatim, scandant le mot «Honte!» et brandissant des pancartes disant «protégez-nous de nos protecteurs».

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