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Lac-Mégantic: une deuxième mise en demeure est envoyée à la MMA

30/07/2013 11:48 EDT | Actualisé 29/09/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le coût des opérations de nettoyage grimpe en flèche à Lac-Mégantic, et la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) n'a toujours pas déboursé un sou.

En date de vendredi dernier, la municipalité avait versé une somme d'environ 7,8 millions $ à huit fournisseurs embauchés par la MMA pour réaliser les travaux de nettoyage, a révélé mardi la mairesse Colette Roy-Laroche.

«À ce jour, aucun remboursement n'a été reçu à la Ville de Lac-Mégantic», a-t-elle lancé en point de presse.

À bout de patience, la Ville de Lac-Mégantic a donc envoyé mardi une seconde mise en demeure à l'entreprise ferroviaire, à laquelle elle réclame le remboursement de ce montant d'argent, a confirmé la mairesse.

«Les procureurs de MMA ont informé les procureurs de la Ville de Lac-Mégantic qu'ils rencontraient leurs assureurs aujourd'hui (mardi), et la Ville espère que suite à cette rencontre, les sommes nécessaires pour rembourser la Ville seront débloquées sans délai», a déclaré Mme Roy-Laroche.

Cette deuxième mise en demeure, à laquelle l'entreprise doit répondre dans les 24 prochaines heures, s'ajoute à la première qui avait été transmise le 23 juillet.

La municipalité demandait alors à la MMA de lui rembourser les quelque 4,1 millions $ en salaires qui ont été versés aux travailleurs des équipes de nettoyage.

La compagnie n'y avait pas répondu dans les délais prescrits et avait demandé un délai supplémentaire afin d'étudier le dossier.

La mairesse s'accroche maintenant à l'espoir que la rencontre entre la MMA et ses assureurs porte ses fruits.

Elle a encore une fois fait appel au «sens des responsabilités» de la compagnie.

Mais y croit-elle encore, à ce sens des responsabilités?

«Je n'oserais même pas vous répondre là-dessus, je vous laisse présumer de ma réponse», a-t-elle répondu à la journaliste qui lui a posé la question en point de presse.

Il n'y a pas seulement la question de l'attitude de l'entreprise qui est préoccupante: sa situation financière suscite en effet de vives inquiétudes.

Déjà, les autorités du Maine — où est établie la MMA — ont commencé à élaborer divers scénarios dans l'éventualité où la société se placerait sous la protection de la loi contre ses créanciers, selon les informations du Globe and Mail.

«Nous nous préparons. Nous avons parlé à nos avocats afin d'être prêts», a déclaré au quotidien torontois Nathan Moulton, directeur du secteur ferroviaire au ministère des Transports de l'État du Maine.

Par ailleurs, dans une entrevue accordée à une station publique de l'État de New York, le grand patron de la MMA, Edward Burkhardt, a déclaré que la MMA n'avait pas les reins assez solides pour s'acquitter des sommes réclamées — et au moment où il s'est exprimé, il parlait des 4,1 millions $ associés à la mise en demeure initiale.

«Nous sommes dans l'incapacité de financer (les opérations de nettoyage) avec notre propre argent», a-t-il reconnu en ondes vendredi.

«Alors nous attendons que la compagnie d'assurances se manifeste et commence à écrire des chèques», a-t-il ajouté.

Mises à pied chez la MMA

Signe que la situation est précaire au sein l'entreprise, la MMA a montré la porte à au moins cinq autres travailleurs à Farnham, en Montérégie, mardi.

Les cinq employés concernés — des conducteurs et des préposés à l'entretien de la voie ferrée — ont été avisés de la chose par téléphone en matinée, a confirmé le syndicat des Métallos, qui représente les 75 employés de MMA au Québec.

Le syndicat soutient avoir appris la nouvelle directement de la bouche des travailleurs touchés, l'employeur ne lui ayant communiqué aucune information.

Par ailleurs, aucun cadre ne se trouve sur place pour répondre aux questions de la partie syndicale, déplore-t-on du côté des Métallos.

La compagnie ferroviaire qui exploitait le train à l'origine de la catastrophe de Lac-Mégantic avait déjà mis à pied 19 de ses travailleurs québécois le 17 juillet dernier.

Le syndicat avait dénoncé la façon cavalière de procéder de l'employeur, ce dernier n'ayant fait parvenir aucun préavis aux 17 syndiqués et deux cadres qui ont simplement été avisés de ne plus se présenter au travail sans autre explication.

En date de mardi, donc, près du quart des travailleurs syndiqués québécois de la compagnie ferroviaire ont perdu leur emploi.

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