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Sécurité ferroviaire: oppositions des pétrolières et des transporteurs aux É.-U.

29/07/2013 05:24 EDT | Actualisé 28/09/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - L'industrie pétrolière et les transporteurs ferroviaires américains résistent aux efforts de l'administration Obama visant à accroître les normes de sécurité pour les wagons comme ceux qui ont été impliqués dans la catastrophe de Lac-Mégantic, justifiant leur position par une question de coûts et de défis techniques.

Des groupes de l'industrie affirment qu'il n'est pas réaliste de vouloir modifier des dizaines de milliers de wagons servant au transport de pétrole, alors qu'ils viennent d'adopter des normes devant assurer que les wagons commandés après octobre 2011 répondent aux exigences formulées par des spécialistes fédéraux du transport. Ces exigences avait été émises à la suite du déraillement mortel d'un train qui transportait de l'éthanol et de l'explosion subséquente, dans l'État de l'Illinois, il y a environ quatre ans.

Une règle proposée afin d'améliorer la sécurité des wagons devait au départ être mise en place en octobre dernier, mais son application a été retardée jusqu'à la fin du mois de septembre prochain, au plus tôt. Des responsables ont expliqué ce délai par le temps qu'il a fallu pour étudier les requêtes de regroupements de l'industrie de même que de la population. Une réglementation finale n'est pas attendue avant l'année prochaine.

Les autorités cherchent à corriger un défaut de conception des wagons utilisés afin de transporter du pétrole et d'autres liquides dangereux d'une côte à l'autre. Les véhicules en forme de canette de boisson gazeuse, connus sous le nom de DOT-111 — et impliqués dans le drame de Lac-Mégantic —, sont sous la loupe des spécialistes de la sécurité en raison de leur tendance à se fendre en deux lors de déraillements et d'autres accidents.

L'existence d'un problème de conception a été constaté dès 1991.

L'industrie du rail estime que la modernisation des wagons les plus vieux coûterait au moins 1 milliard $ US, sans tenir compte du temps d'utilisation perdu le temps qu'auraient lieu les modifications.

«À titre de comparaison, les coûts des déraillements ont totalisé approximativement 64 millions $ US au cours des cinq dernières années», a affirmé l'Association of American Railroads dans un document soumis au gouvernement américain en 2011.

Le poids supplémentaire qui résulterait de modifications apportées aux wagons existants pourrait même rendre ceux-ci plus dangereux, a soutenu le regroupement.

Des responsables d'une municipalité de l'Illinois proche du site d'un déraillement de train d'éthanol, en 2009, a jugé illogique la position défendue par les transporteurs ferroviaires.

Modifier les règles fédérales afin d'imposer des normes de sécurité pour les nouveaux wagons sans exiger une modernisation des wagons existants n'apportera à la population aucune protection réelle lors de situations de déraillement, ont affirmé les autorités du village de Barrington au gouvernement américain.

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