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Russie: des lois attisent la colère des militants pour les droits des gais

29/07/2013 07:44 EDT | Actualisé 28/09/2013 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - La vodka russe et les Jeux d'hiver de Sotchi. Voilà pour l'instant les cibles principales d'homosexuels des États-Unis et d'ailleurs, qui proposent boycotts et autres tactiques pour montrer leur indignation face aux efforts accrus de la Russie pour nuire à ceux qui militent pour les droits des gais.

Le président Vladimir Poutine a attisé le courroux, le mois dernier, en instaurant une loi qui bannit «la propagande des relations sexuelles non-traditionnelles», incluant de lourdes amendes pour ceux qui fournissent de l'information sur la communauté gaie, ou pour les organisateurs de rassemblements gais. Les citoyens étrangers arrêtés en vertu de cette loi sont passibles de 15 jours de prison et d'extradition par la suite.

Dans plusieurs bars gais de l'Amérique du Nord, les propriétaires ne vendent plus de vodka russe, notamment la populaire Stolichnaya. Le mouvement a trouvé preneur à Los Angeles, San Francisco, Chicago, New York, Seattle, Vancouver et Toronto, notamment.

Voulant calmer le jeu, le président de la compagnie produisant la Stolichnaya, Val Mendeleev, a qualifié les lois anti-gais de la Russie de «gestes affreux». Il a dit que son entreprise supporte depuis longtemps les homosexuels un peu partout dans le monde, citant en exemple sa commandite de divers événements de la fierté gaie.

Mendeleev a dit que sa compagnie, SPI Group, n'a pas de lien avec le gouvernement russe. Sa vodka est faite de blé russe, de seigle et d'alcool pur, puis elle est distillée en Lettonie.

Les militants font aussi pression auprès du CIO et de NBC, le diffuseur américain de l'Olympiade russe, pour qu'ils critiquent davantage les nouvelles lois.

Jusqu'ici les appels à un plein boycott des Jeux sont timides, mais on réfléchit sur la façon de faire passer des messages liés à la cause, une fois les Jeux amorcés. Parmi les options: des gestes venant d'athlètes individuels, ou peut-être même un défilé de la fierté gaie.

On s'inquiète aussi du problème de longue date qu'est la violence contre les gais en Russie, et d'une nouvelle loi limitant les adoptions d'enfants russes par des citoyens de nations permettant le mariage homosexuel.

Le CIO dit avoir reçu l'assurance de Moscou que les mesures législatives ne vont pas affecter les athlètes ou les spectateurs des Jeux. Le comité s'est engagé à s'assurer qu'il n'y aurait pas de discrimination envers les athlètes, les officiels, les spectateurs et les membres des médias, à Sotchi.

Dans un éditorial paru dimanche, le New York Times exhorte Washington à dénoncer avec plus de vigueur les nouvelles lois russes.

«Et on devrait faire de même au CIO, une organisation qui manque trop souvent à son devoir de défendre les idéaux olympiques, et qui devrait mener une large campagne internationale pour inciter la Russie à révoquer ces lois», mentionne aussi le Times.

Le patineur de vitesse néo-zélandais Blake Skjellerup, qui est gai, dit qu'il portera une épinglette arc-en-ciel, aux Olympiques, et que si ça lui amène des ennuis, il est prêt à l'accepter.

«Je n'ai aucune intention de retourner dans le placard à Sotchi, a t-il mentionné au site Internet Daily Xtra. Ce n'est pas par défi. C'est une question d'être fidèle à mes principes.»

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