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Mali : les observateurs européens cautionnent le scrutin

29/07/2013 12:08 EDT | Actualisé 28/09/2013 05:12 EDT

L'élection présidentielle censée ramenée le Mali sur la voie de la démocratie et de la stabilité s'est déroulée dans « d'excellentes conditions » et constitue une « première étape réussie vers le retour au renouveau démocratique », soutient le chef de la mission d'observation de l'Union européenne, Louis Michel.

Selon lui, les premières estimations font état d'un taux de participation qui se situera « autour de 50 % », ce qui confère une certaine légitimité au scrutin. Lors des deux dernières présidentielles, moins de 40 % des électeurs maliens avaient daigné se rendre aux urnes.

« Cette élection consacre le retour du Mali à l'ordre constitutionnel, après la victoire obtenue sur les terroristes et la libération du territoire », a d'ailleurs déclaré lundi le président français François Hollande, qui y a vu une preuve de « l'attachement des Maliens aux valeurs démocratiques ».

Aucun résultat, même provisoire, n'a encore été communiqué par les autorités. Il semble cependant que l'ancien premier ministre Ibrahim Boucabar Keïta serait le gagnant de ce premier tour, selon des résultats collectés par des journalistes maliens dans des bureaux de vote du pays.

La diffusion de ces informations par les radios locales a incité des milliers de partisans de celui qui se fait appeler IBK à aller manifester leur joie au quartier général de son parti, le Rassemblement pour le Mali (RPM), et à son domicile de Bamako.

Le chef de l'Union pour la république et la démocratie, l'ex-ministre des Finances Soulaïma Cissé, est considéré comme le plus sérieux adversaire de M. Keïta. Au total, 27 candidats ont brigué les suffrages.

Quelque 6,9 millions de Maliens avaient le droit de vote pour ce scrutin. Un deuxième tour doit avoir lieu le 11 août si aucun candidat n'obtient plus de 50 % des voix.

« Il y a eu un réel engouement de la population qui a pris conscience de l'enjeu et de l'importance de son vote », a déclaré M. Michel, qui supervisait une équipe d'une centaine d'observateurs. Il soutient que le scrutin s'est déroulé de manière « paisible » et a été marqué par une « transparence assez remarquable ».

Ancien ministre belge des Affaires étrangères et ex-commissaire européen au développement qui connaît bien l'Afrique, Louis Michel, a affirmé qu'il n'y avait pas eu dimanche d'incident « que l'on peut qualifier de majeur » pouvant « fragiliser la crédibilité et la légitimité du résultat ».

Avant ce premier tour, « nous avions tous un peu peur que ça puisse déraper, on est rassurés », a-t-il reconnu.

M. Michel a cependant admis que la participation avait été faible à Kidal, ville du nord du Mali anciennement contrôlée par les séparatistes rebelles du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) où il s'est rendu dimanche. Le taux de participation à Kidal serait de 12 %, selon un chiffre donné à l'AFP par la Commission électorale.

À Kidal, à Gao et à Tombouctou, le vote s'est tenu sous la surveillance de Casques bleus de la force de l'ONU, la Minusma, et de l'armée malienne, assistés par les 3200 soldats français de l'opération Serval restés au Mali.

Avec ce scrutin, le pays tente de tourner la page sur un an et demi de crise militaire et politique marquée par une offensive de rebelles touaregs dans le nord, un coup d'État mené contre le président Amadou Toumani Touré par le capitaine Amadou Sanogo, l'occupation d'une partie du nord par des groupes djihadistes et une intervention militaire de la France pour les déloger.

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