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Lac-Mégantic: Québec ordonne à la MMA de remettre le site en état

29/07/2013 02:52 EDT | Actualisé 29/07/2013 06:09 EDT
Radio-Canada.ca

Québec ordonne à la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA) et à deux autres entreprises tenues responsables de la tragédie ferroviaire survenue à Lac-Mégantic, Western Petroleum Company et World Fuel Services, d'assurer la décontamination et la réhabilitation des sites contaminés par du pétrole brut léger, et de payer l'ensemble de la facture, qui s'annonce salée.

En conférence de presse, lundi après-midi, le ministre de l'Environnement du Québec, Yves-François Blanchet, a fait savoir qu'il lançait cet ordre en vertu du pouvoir que lui confère la Loi sur la qualité de l'environnement. Il dit avoir formellement signé une ordonnance à cette fin plus tôt dans la journée, et l'avoir communiquée aux trois entreprises, rendant ainsi l'ordonnance « exécutoire ».

« J'ordonne aujourd'hui aux entreprises citées [...] de nettoyer, de restaurer, de caractériser [le site], de faire les analyses de toute espèce de conséquence, de leur ampleur et de leur nature, de ce qui s'est produit, de ce qui a été perdu, rejeté, déversé dans l'environnement, et de mettre en place un plan allant assurer une pleine et entière restauration, décontamination et réhabilitation de l'ensemble des sites qui ont été touchés par la catastrophe », a précisé M. Blanchet.

« Je peux donc vous assurer qu'à partir de maintenant, il n'y aura plus d'arrêt de travaux. [...] Le ministère de l'Environnement prend charge que tout soit exécuté. »

— Yves-François Blanchet, ministre québécois de l'Environnement

Le ministre a fait valoir que cette démarche s'inscrit « dans la foulée de ce qui a été fait par la Ville de Lac-Mégantic », qui a envoyé une mise en demeure à la MMA la semaine dernière, après avoir été contrainte d'acquitter les factures de décontamination puisque MMA ne le faisait pas. Il a souligné que l'opération de décontamination des sols, qui risque d'être la partie la plus importante des travaux, reste à venir.

Le ministre se serait attendu à ce que « les entreprises responsables, comme transporteurs et comme propriétaires des matières se manifestent d'emblée [...] et disent : "Nous allons assumer la responsabilité technique, financière de ce qui s'est produit'' ».

M. Blanchet a assuré que les contribuables québécois « ne doivent pas payer la note » pour les travaux de décontamination rendus nécessaires par la catastrophe, mais que le ministère, présent sur place dans les heures suivant la tragédie, restera engagé dans cette affaire jusqu'à la fin.

Tous les recours seront entrepris pour récupérer l'argent que Québec devra dépenser, a indiqué le ministre. « Il n'y a pas de recours dont on se privera pour aller chercher les sommes nécessaires à assurer la décontamination et la restauration des sites », a-t-il dit.

« Il est hors de question que ce soient les Québécois et les Québécoises, les contribuables, qui doivent assumer le coût de cette restauration, de cette réparation, de la décontamination qui doit être entreprise. »

— Yves-François Blanchet, ministre québécois de l'Environnement

La semaine dernière, le ministère de l'Environnement a estimé que 5,63 millions de litres de pétrole brut léger, l'équivalent d'environ 30 000 barils, ont finalement été déversés dans l'environnement (air, eau et sol) dans la foulée du déraillement du 6 juillet, soit 80 % de la quantité transportée par le convoi de la MMA.

« Il demeurera toujours dans ce qu'on donne comme information un certain niveau d'incertitude. On est en terra incognita, on est dans un territoire que nous ne connaissons pas », a admis le ministre Blanchet. « On ne sait pas tout à fait combien de temps ça va prendre, mais on sait assurément que la totalité de la restauration et de la réparation va se faire », a-t-il ajouté.

« Par sa complexité, en terme d'ampleur, sa complexité en terme de nature - l'explosion, le déversement, sa complexité et sa lourdeur humaine - c'est peut-être en effet la pire catastrophe environnementale que le Québec ait connue. »

— Yves-François Blanchet, ministre québécois de l'Environnement

Yves-François Blanchet a indiqué que des tests étaient actuellement effectués pour déterminer si du pétrole brut léger se trouvait dans au fond de la rivière Chaudière. « La nature du produit qui a été déversé fait qu'il ne coule pas naturellement. Mais il peut être emporté vers le fond de la rivière. Il y a donc des tests qui sont présentement en cours pour voir si ça s'est produit ».

« Si des citoyens font des observations [...], je les invite à nous envoyer ces informations-là, et je les assure, je vous assure, qu'à chaque fois, nous faisons les vérifications nécessaires », a-t-il ajouté.

Le ministre n'a cependant pu répondre lorsqu'on lui a demandé quelle quantité de pétrole a pu contaminer le sol de Lac-Mégantic. « Cette analyse minutieuse des enjeux du nettoyage va commencer, va s'accélérer au cours des prochains jours, même s'il y en a un peu qui se fait depuis le début de l'exercice », a-t-il répondu, en précisant que les équipes du ministère peuvent maintenant aller « pratiquement partout » sur le site.

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