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Crise en Tunisie: le gouvernement refuse de céder à la pression de l'opposition

29/07/2013 01:32 EDT | Actualisé 28/09/2013 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Le premier ministre tunisien a déclaré lundi que son gouvernement ne démissionnerait pas malgré la pression de l'opposition, promettant que la Constitution serait achevée en août et que des élections seraient organisées en décembre.

Ali Laradyedh a fait cette déclaration lors d'une conférence de presse télévisée lundi, après que des milliers de personnes en colère contre l'assassinat d'un leader de l'opposition eurent manifesté devant le parlement pour réclamer la dissolution de la législature et la démission du gouvernement.

Le premier ministre a affirmé que le gouvernement, dirigé par le parti islamiste modéré Ennahda, ne cèderait pas à la pression des manifestants, qui demandent la formation d'un gouvernement intérimaire de «salut national».

L'assassinat de l'opposant de gauche Mohammed Brahmi, jeudi, a plongé la Tunisie dans une nouvelle crise politique. Tôt lundi matin, des milliers de personnes ont manifesté devant le parlement à Tunis, après que des dizaines de députés, la plupart de l'opposition, eurent annoncé leur intention de boycotter les travaux de l'assemblée en signe de protestation. Le ministre de l'Éducation, Salem Labiadh, a remis sa démission lundi.

L'opposition, soutenue par le plus important syndicat du pays et plusieurs associations de la société civile, estime que le meurtre de Mohammed Brahmi montre l'incapacité du gouvernement à protéger les citoyens et à assurer la sécurité.

M. Brahmi a été atteint de 14 balles devant sa résidence de la capitale, sous les yeux de sa famille. L'assassin, identifié par le gouvernement comme un extrémiste islamiste, s'est enfui sur une mobylette. Cet assassinat politique, survenu après celui d'un autre député de l'opposition, Chokri Belaïd, en février, a précipité la Tunisie dans une nouvelle crise.

Après les funérailles de M. Brahmi samedi, des centaines de personnes ont manifesté devant le parlement. La foule a atteint les 25 000 personnes dimanche soir, selon le ministère de l'Intérieur, et était partagée entre les partisans et les opposants du gouvernement.

La police a tenté de séparer les deux manifestations rivales, et a finalement eu recours aux gaz lacrymogènes tôt lundi matin pour disperser la foule.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mohammed Ali Aroui, a affirmé que les forces de sécurité avaient commis certains abus, mais il a défendu leurs efforts pour éviter un «bain de sang» entre manifestants rivaux.

Plusieurs autres manifestations ont été organisées dans d'autres villes tunisiennes depuis l'assassinat de Mohammed Brahmi.

Des dizaines de députés de l'Assemblée nationale, qui compte 217 sièges, ont annoncé qu'ils boycottaient les travaux de la chambre dans une volonté de la paralyser. La présence des deux tiers des députés est requise pour que l'assemblée puisse fonctionner, et des politiciens de l'opposition ont déclaré qu'environ 70 députés s'étaient retirés, ce qui signifie que l'assemblée est à trois sièges du blocage complet.

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