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Le chauffeur de train est accusé à titre provisoire d'homicide par imprudence

28/07/2013 09:57 EDT | Actualisé 27/09/2013 05:12 EDT

SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE, Espagne - Le chauffeur d'un train qui a déraillé à haute vitesse, tuant 79 personnes mercredi dernier en Espagne, fait face, à titre provisoire, à de multiples chefs d'accusation d'homicide par imprudence.

Selon une déclaration judiciaire rendue publique tard dimanche, le juge d'enquête Luis Alaez a libéré Francisco Jose Garzon Amo sans cautionnement. La déclaration précise que Garzon doit se présenter à la cour une fois par semaine et ne peut quitter l'Espagne sans permission.

Garzon n'a pas été envoyé en prison et n'a pas été contraint de verser un cautionnement parce qu'aucune des parties ne craignait qu'il ne tente de fuir ou de détruire des éléments de preuve, ajoute la déclaration.

Celle-ci annonce aussi que son permis de conduire lui a été enlevé.

Garzon a été questionné pendant près de deux heures dans une salle de cour de Saint-Jacques-de-Compostelle, la ville du nord-ouest de l'Espagne près de laquelle est survenue la tragédie.

Garzon conduisait le train transportant 218 passagers dans huit wagons qui a largement dépassé la vitesse maximale de 80 km/h dans une courbe dangereuse. Le convoi a quitté les rails et percuté un mur de béton, entraînant un incendie dans certaines voitures.

Des responsables de l'Agence ferroviaire espagnole ont fait savoir que les freins auraient dû être appliqués 4 kilomètres avant que le convoi ne négocie la courbe.

Cependant, quelques minutes après le déraillement, M. Garzon aurait confié à un citoyen qu'il circulait rapidement et ne pouvait pas freiner, a déclaré, dimanche, un résidant de l'endroit s'étant précipité sur les lieux après la catastrophe.

Evaristo Iglesias a indiqué à la chaîne de télévision Antena 3 que lui et une autre personne avaient accompagné un Garzon couvert de sang vers une portion de terrain à plat où d'autres blessés étaient déposés, en attendant l'arrivée des services d'urgence.

«Il nous a dit qu'il voulait mourir», a raconté M. Iglesias à Antena 3. «Il a dit qu'il avait besoin de freiner mais qu'il en était incapable», a ajouté M. Iglesias. Celui-ci a ajouté que Garzon savait «qu'il allait vite».

Les enquêteurs devront déterminer si Garzon a négligé d'actionner les freins ou s'il y a eu défectuosité mécanique.

L'Agence ferroviaire espagnole a décrit Garzon comme étant un chauffeur d'expérience, qui connaissait bien le tracé.

Aux dires de responsables, 70 personnes blessées lors de l'accident sont toujours hospitalisées, et 22 d'entre elles sont dans un état grave.

Par ailleurs, les autorités affirment que des médecins légistes ont identifié au moins trois corps.

Les victimes seraient originaires de France, d'Algérie, du Brésil, de la République dominicaine, de l'Italie, du Mexique et des États-Unis, mais les responsables n'ont pas publiquement identifié chaque victime ou leur nationalité.

Le deuil se poursuit en Espagne, alors que des messes ont été tenues dimanche en souvenir des morts.

Une grande cérémonie est prévue lundi après-midi; le premier ministre et la famille royale devraient y assister.

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