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Tunisie: funérailles nationales pour l'opposant assassiné, Mohamed Brahmi (PHOTOS/ VIDÉOS)

27/07/2013 12:36 EDT | Actualisé 27/07/2013 12:44 EDT
HuffPost Maghreb

Le cortège funèbre du député opposant de gauche Mohamed Brahmi assassiné a quitté son domicile à l'Ariana (10 km au nord de Tunis) sous escorte militaire en direction du cimetière d'El Jellaz (sud Tunis).

Enveloppé du drapeau national, rouge et blanc, et escorté par des voitures militaires, le cercueil a quitté le domicile du défunt un peu avant 10h et devait emprunter un parcours qui passe par l'Avenue Mohamed V, avant de longer l'Avenue centrale Habib Bourguiba et de se diriger enfin vers le cimetière El Jellaz dans le sud de la capitale.

adieu mohamed brahmi

Le cercueil de Mohamed Brahmi salué par les militaires le 27 juillet 2013 à Tunis

Une foule émue a assisté au départ du cortège funèbre où le cercueil de Mohamed Brahmi était enveloppé du drapeau national, rouge et blanc, et escorté par des voitures militaires, la foule comptait notamment des proches et camarades du défunt en l'absence de responsables du gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahdha, dont la présence n'était pas souhaitée par la famille.

La mise en terre a eu lieu à la mi-journée dans le "caré des martyrs" où repose déjà l'autre opposant de gauche Chokri Belaïd, assassiné lui aussi par balles devant son domicile en février dernier.

Ces funérailles nationales ont lieu au lendemain d'une journée de grève générale et de manifestations anti-gouvernementales parfois violentes à travers le pays.

Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Mohamed Salah Hamdi a lu l'oraison funèbre et un imam a prononcé la prière des morts.

Le cortège funèbre a été entouré par une foule entre tristesse et colère estimée à 10.000 personnes par une source policière et entre 15 et 20 mille par des journalistes présents.

"Dieu est le plus grand" ou "Il n'y a de dieu que Dieu et le martyr est son ami", ont crié d'une voix des milliers de personnes rassemblées dans l'enceinte du cimetière au dessus duquel flottaient d'immenses drapeaux, rouge et blanc, de la Tunisie.

A côté du cercueil également enveloppé du drapeau national sur un véhicule militaire, Mbarka, la veuve de l'opposant se tenait debout faisant tantôt le V de la victoire, levant tantôt l'index, geste symbolisant l'unicité de Dieu pour les musulmans.

Plus politiques, des milliers de ses partisans scandaient des slogans hostiles au parti islamiste Ennahdha au pouvoir, tenu pour responsable de l'assassinat de Brahmi jeudi comme pour celui de Chokri Belaïd.

enterrement brahmi belaid

La photo de Mohamed Brahmi portée par des manifestants le 26 juillet 2013 à Tunis

"Le peuple veut la chute du régime" "Ennahdha, bande de terroristes" ou "A bas le frère des Frères, à bas les tortionnaires du peuple", ont-ils crié derrière Hamma Hammami, leader d'extrême gauche du Front populaire, une coalition comprenant des nationalistes et à laquelle appartenait le défunt.

game over ghannouchi

"La partie est finie, Ghanouchi dégage" peut-on lire pendant une manifestation le 26 juillet 2013 à Tunis

Le silence se fait lorsque la foule entonne l'hymne national, peu avant la cérémonie de mise en terre. De nombreux dirigeants syndicalistes et politiques étaient présents contrairement aux responsables du gouvernement, dont la présence n'était pas souhaitée par la famille.

Le président Moncef Marzouki a chargé le chef d'état-major de l'armée de terre, de présider à ces funérailles dans un contexte de manifestations anti-gouvernementales, parfois violentes à Tunis et dans les régions, et une grève générale de protestation, à l'appel de la puissante centrale syndicale, observée vendredi à la suite de l'assassinat de Brahmi.

D'importants effectifs de la police sur les dents autour du cimetière ont arrêté un homme, "fauteur de troubles", selon la télévision qui transmettait la cérémonie.

Opposant nationaliste de gauche, Mohamed Brahmi a été tué jeudi de 14 balles tirées à bout portant devant son domicile, sa famille accusant Ennahdha et les autorités imputant le meurtre à un islamiste salafiste proche d'Ansar Al Charia, une organisation jihadiste liée à Al-Qaïda.

Enterrement de Mohamed Brahmi