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Le pape François attire deux millions de personnes à la plage de Copacabana

27/07/2013 09:36 EDT | Actualisé 26/09/2013 05:12 EDT

RIO DE JANEIRO - Le pape François a attiré une foule estimée à deux millions de fidèles à la plage de Copacabana de Rio de Janeiro, samedi, pour l'ultime soirée des Journées Mondiales de la Jeunesse.

Alors que son premier voyage international officiel tirait à sa fin, le souverain pontife bénéficiait d'une impressionnante vague de popularité. Au moment où son véhicule atteignait la scène destinée à l'accueillir, la banquette arrière débordait de chandails de soccer, de drapeaux et de fleurs lancés par des pèlerins massés le long de la route.

Une jeune admiratrice de 16 ans, qui avait profité du passage du Saint-Père pour l'immortaliser, était secouée de constater à quel point la vidéo qu'elle venait de tourner était réussie. Fiorella Dias s'extasiait devant la qualité des images captées et elle se promettait de contacter sa mère pour lui en parler.

La vigie est venue couronner une journée occupée pour le pape François, durant laquelle il a livré un message auquel il a accordé beaucoup d'importance tout au long de la semaine, lors d'allocutions, d'homélies et de remarques à brûle-pourpoint.

Dans le cadre de son plus important — et plus long — discours des quatre mois de son pontificat, le pape a réitéré le message mis de l'avant lors de son premier déplacement à l'étranger dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse: la nécessité, pour les prêtres et les jeunes catholiques, de changer le statu quo, de sortir des églises et de tenter de rejoindre les membres les plus marginalisés de la société, ou risquer de les perdre au profit d'Églises rivales.

Le pape a également porté un coup direct au message «intellectuel» de l'Église qui avait fortement caractérisé le pontificat de son prédécesseur, Benoît XVI. Il a affirmé que les catholiques ordinaires ne comprenaient pas des idées si complexes, et avaient besoin d'un message plus simple d'amour, de pardon et de pitié.

«Nous perdons des gens parce qu'ils ne comprennent pas ce que nous disons, parce que nous avons oublié le langage de la simplicité et faisons appel à un intellectualisme qui nous est étranger, a-t-il dit. Sans la grammaire de la simplicité, l'Église fait disparaître les conditions permettant de chercher Dieu dans les eaux profondes du mystère.»

Dans ce discours détaillant le genre d'Église voulue par ce nouveau pape, François a demandé aux évêques de se demander pourquoi des centaines de milliers de catholiques avaient rejoint des congrégations pentecôtistes, qui ont connu une forte croissance lors des dernières décennies, particulièrement dans les bidonvilles brésiliens.

Selon les données du recensement brésilien, le nombre de catholiques est passé de 125 millions en 2000 à 123 millions en 2010, l'Église représentant ainsi 65 pour cent de la population, en baisse par rapport à 74 pour cent. Pendant la même période, les protestants évangéliques ont vu leurs nombres passer de 26 à 42 millions.

Le pape a demandé si l'Église catholique moderne était toujours capable de «réchauffer les coeurs» de ses fidèles, si les prêtres prenaient le temps d'écouter leurs problèmes et de demeurer proches d'eux, et d'agir comme une «mère» qui leur donne non seulement la vie, mais qui prend soin d'eux.

Ce discours, présenté devant près de 300 évêques lors d'un dîner à la résidence de l'archevêque de Rio, sera suivi dimanche d'une déclaration tout aussi importante pour les évêques de l'Amérique latine, a précisé un porte-parole du Vatican.

Jeudi, déjà, le Saint-Père demandait à des jeunes pèlerins de «brasser la cage» dans leurs diocèses, quitte à provoquer des confrontations avec les prêtres et les évêques.

Le public cible de François sont les pauvres et les marginalisés, des gens mis de l'avant par le premier pape de l'Amérique latine dans le cadre de ce premier voyage à l'étranger. Le pape a visité l'un des plus violents bidonvilles de Rio, rencontré de jeunes délinquants et des gens souffrant de dépendance à la drogue, en plus d'accueillir avec les honneurs 35 recycleurs de déchets de son Argentine natale.

Il a aussi transmis son message lors d'une rencontre avec l'élite politique, économique et intellectuelle du pays, pressant les dignitaires de protéger les plus pauvres et d'utiliser leur pouvoir pour travailler au bien commun. Il a également invité à un meilleur dialogue entre les générations, les religions et les peuples.

Le souverain pontife doit rentrer à Rome dimanche après une dernière messe.

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