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Concours international d'arts visuels Juste pour rire : les couleurs du cynisme

27/07/2013 02:42 EDT | Actualisé 26/09/2013 05:12 EDT
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Parce qu’il vaut parfois mieux en rire qu’en pleurer, Juste pour rire a axé cette année son Concours international d’arts visuels sur le thème du cynisme. Depuis deux semaines et jusqu’à samedi, les passants qui longent la rue Sainte-Catherine à la hauteur de la Place des Arts peuvent admirer deux expositions gratuites, rassemblant les œuvres des 40 artistes finalistes, qui ont tous fait travailler leur imagination en étant guidés par leur esprit cynique.

La remise des distinctions aux gagnants s’est tenue le 15 juillet dernier. À l’origine, environ 200 créateurs, en provenance d’une vingtaine de pays des Amériques, de l’Afrique, de l’Asie et d’Europe, avaient soumis leur dossier à Juste pour rire pour participer au concours. On a ensuite sélectionné trois vainqueurs et remis quatre mentions d’honneur parmi la quarantaine de finalistes. Le jury était composé de M. Jean-François Bélisle, directeur général de l’Arsenal, M. François Blanchard, directeur de création à Juste pour rire, M. Dinu Bumbaru, directeur des politiques à Héritage Montréal, M. Jean Grondin, philosophe et professeur à l’Université de Montréal, M. René Villemure, éthicien, et MARC-Marinescu Constantin, directeur et directeur artistique du Concours international d’arts visuels Juste pour rire 2013.

Le premier prix a été décerné au Roumain Pascal Gelu pour son tableau Simple Solution; le deuxième titre a été raflé par Guillaume Lachapelle et son opus Âge d’or et, enfin, Emmanuel Laflamme a remporté les honneurs en troisième place pour sa représentation bien personnelle de la culture de l’entreprise Nike, intitulée Just do it. Les œuvres Animal Farm, de Chang Lei, Security?, d’Aislin, Dépendance, de Patrick Bérubé, et Pouvoir exécutif, de Stéphanie Morissette, ont pour leur part reçu une mention d’honneur.

Performance en direct

Jeudi, à l’heure du 5 à 7, Emmanuel Laflamme s’est exécuté en direct sur la promenade artistique en reproduisant son concept sur des espadrilles, devant les festivaliers. Sous son feutre noir, le logo de Nike a ainsi pris la forme d’un couteau, d’un éclair, d’un regard menaçant, d’un fouet, d’une figure saignante ou du nombre 666, symbole du diabolisme et de l’apocalypse. Le jeune homme a expliqué brièvement sa démarche, qui consiste à tourner en dérision le géant du vêtement sportif.

« C’est, selon moi, l’image qu’on se fait des usines et des travailleurs qui sont dans de mauvaises conditions. En faisant des recherches sur Internet, j’ai découvert beaucoup de caricaturistes qui s’étaient inspirés de cette thématique. »

« Je me souviens, lorsque j’étais petit, à quel point je voulais avoir des chaussures Nike. Mais aujourd’hui, je n’en achèterais pas de sitôt, avec tout ce qu’on sait de la façon qu’a cette compagnie de traiter ses employés. J’aime l’art humoristique qui fait réfléchir », a détaillé celui qui été récompensé d’une bourse de 1000$ et qui arrive de plus en plus à vivre de son art, tout en bossant à temps plein dans l’industrie du dessin animé.

Une trentaine des 40 créations exhibées sur le Boulevard des Arts sont disponibles pour vente à l’encan jusqu’à dimanche. Une exposition hors-concours est également en cours à l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme de la Place des Arts. Intitulée Dialogues : un regard cynique de MARC, elle répertorie 24 œuvres de MARC-Marinescu Constantin portant sur le cynisme.

Le Concours international d’arts visuels Juste pour rire en est à sa cinquième édition et à sa toute première mouture internationale. Précédemment, la compétition avait traité de l’histoire drôle (2001), la blague (2002), l’ironie (2003) et la parodie (2004).

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