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Meurtre d'un opposant tunisien: une cellule liée à Al-Qaïda mise en cause

26/07/2013 06:08 EDT | Actualisé 25/09/2013 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Les autorités tunisiennes ont accusé vendredi une cellule islamiste liée à Al-Qaïda d'être responsable du meurtre de l'opposant Mohammed Brahmi, jeudi, et de celui d'une autre personnalité de l'opposition en février.

Mohammed Brahmi, député d'un parti de gauche, a été atteint de 14 balles sous les yeux de sa famille alors qu'il se trouvait devant sa maison à Tunis, plongeant le pays dans une nouvelle crise politique et provoquant des manifestations dans plusieurs villes. Les manifestants blâment le gouvernement pour ce deuxième assassinat politique de l'année en Tunisie.

Le ministre de l'Intérieur, Loutfi Ben Jeddou, a déclaré devant les journalistes que les tests balistiques menés sur les balles de 9 mm ayant tué M. Brahmi montrent qu'elles proviennent de la même arme utilisée pour tuer l'opposant Chokri Belaïd en février.

Le ministre a affirmé que le suspect était Boubakr Hakim, un trafiquant d'armes de 30 ans né en France et connu pour ses liens avec les jihadistes.

M. Ben Jeddou a indiqué que les autorités avaient identifié ce suspect en se basant sur des preuves physiques et les récits des témoins. Boubakr Hakim faisait déjà partie des personnes mises en cause dans l'assassinat de Chokri Belaïd, a dit le ministre. Il ferait partie d'une cellule de 14 personnes liée à Al-Qaïda.

L'arme utilisée dans les deux meurtres est un pistolet semi-automatique 9 mm, a-t-il précisé. La police a récemment fouillé la maison du suspect et y a trouvé un autre pistolet, des explosifs et 90 séries de munitions.

La conférence de presse est survenue après une nuit de manifestations à travers tout le pays. Les manifestants accusent le parti islamiste au pouvoir, Ennahda, d'être responsable de l'assassinat des deux opposants en n'ayant pas été en mesure d'assurer la sécurité adéquatement dans le pays. La police a eu recours à des gaz lacrymogènes à Tunis et dans d'autres villes pour disperser les manifestants.

Le meurtre de Mohammed Brahmi, chef d'un parti d'opposition de gauche, fait craindre une nouvelle instabilité dans le pays qui a donné le coup d'envoi du Printemps arabe, en 2011. La Tunisie est sur le point d'adopter une nouvelle Constitution destinée à assurer une démocratie durable.

M. Brahim était un politicien respecté qui ne se gênait pas pour critiquer le parti Ennahda, qui dirige la coalition gouvernementale formée avec deux autres partis. Son meurtre n'a pas été revendiqué.

Le parti de M. Brahmi a déclaré à l'Associated Press avoir décidé de reporter ses funérailles, initialement prévues vendredi, pour éviter d'enflammer la colère populaire. Il sera enterré samedi dans le même cimetière de Tunis que M. Belaïd.

Le principal syndicat du pays a appelé à la grève générale vendredi. L'aéroport international, les transports publics et la plupart des bureaux gouvernementaux ont été fermés, tandis qu'une nouvelle coalition formée de la société civile et des partis de l'opposition appelait à la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale.

Dans un communiqué publié par la radio Mosaïque FM, plusieurs partis libéraux et de gauche ont annoncé la formation du Front de salut national et appellent à la désobéissance civile et à un «sit-in» devant l'assemblée nationale jusqu'à sa dissolution, ainsi que celle du gouvernement.

Le Front de salut national réclame la formation d'un gouvernement d'unité nationale chargé de compléter la nouvelle Constitution et d'organiser de nouvelles élections.

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