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Les Pussy Riot refusent de se reconnaître coupables, elles sont maintenues en prison

26/07/2013 11:42 EDT | Actualisé 26/07/2013 11:43 EDT
AP
From left, Nadezhda Tolokonnikova, Maria Alekhina, Yekaterina Samutsevich members of feminist punk group Pussy Riot sit behind bars at a court room in Moscow, Russia, Monday, July 23, 2012.The trial of feminist punk rockers who chanted a "punk prayer" against President Vladimir Putin from a pulpit inside Russia's largest cathedral started in Moscow on Friday amid controversy over the prank that divided devout believers, Kremlin critics and ordinary Russians. (AP Photo/Alexander Zemlianichenko)

La justice russe a refusé vendredi la libération anticipée de Nadejda Tolokonnikova, l'une des Pussy Riot qui a refusé de plaider coupable, après avoir débouté sa camarade qui purge comme elle deux ans de camp pour une "prière punk" contre Vladimir Poutine.

"Libération refusée pour Tolokonnikova, maintien en détention jusqu'au terme de la peine", a écrit sur Twitter un membre du groupe contestataire Voïna lié à celui des Pussy Riot, qui suivait l'audience vendredi à Saransk (Mordovie, 650 km à l'est de Moscou).

C'est dans cette région éloignée que Nadejda Tolokonnikova, une étudiante en philosophie de 23 ans, mère d'une petite fille, purge sa peine de deux ans de prison.

Une porte-parole de la Cour suprême de Mordovie, l'instance régionale qui examinait le dossier en appel, a confirmé cette information par téléphone à l'AFP.

Le Parquet avait demandé que la libération conditionnelle anticipée soit refusée à Nadejda Tolokonnikova, et maintenu qu'elle devait effectuer l'intégralité de sa peine.

Mercredi, c'est Maria Alekhina, une autre membre emprisonnée du groupe Pussy Riot, qui purge pour sa part sa peine dans l'Oural, qui avait été déboutée de sa demande de libération en appel.

Ces décisions n'ont pas surpris en Russie, où selon les sondages la majorité des personnes interrogées approuvent l'emprisonnement des deux jeunes femmes.

Le président Vladimir Poutine avait estimé en octobre dans une interview que les jeunes femmes avaient eu ce qu'elles "voulaient", réduisant du même coup à néant les espoirs de clémence.

Les membres du groupe n'ont du reste donné aucune signe de repentance.

"Je contesterai ma condamnation jusqu'au bout, je porterai l'affaire devant la Cour suprême russe", a déclaré vendredi matin à l'audience Nadejda Tolokonnikova, depuis la cage réservée dans les tribunaux russes aux personnes jugées.

"Je ne reconnais pas ma culpabilité et ne la reconnaîtrai pas. J'estime que ce n'est pas une erreur, comme l'affirme l'administration du camp, mais une force, car j'ai des principes et je vais les défendre", a ajouté la jeune femme.

Elle a déclaré recevoir "des milliers de lettres" de soutien dans le camp de détention pour femmes où elle purge sa peine.

Elle s'est aussi félicitée devant la cour de la mobilisation de milliers de manifestants la semaine dernière pour protester contre la condamnation de l'opposant Alexeï Navalny à 5 ans de prison.

"Je me félicite qu'il y ait en Russie de plus en plus de gens qui sacrifient leur confort personnel pour protester contre l'injustice", a-t-elle déclaré.

La demande de libération de Nadejda Tolokonnikova avait été refusée en première instance en avril.

Son avocate Irina Khrounova a affirmé à l'AFP qu'après l'audience, des huissiers du tribunal étaient venus lui témoigner leur soutien.

Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch avaient été arrêtées en mars 2012, après avoir chanté une "prière punk" dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine".

Une vidéo, alors diffusée sur internet, avait fait sensation, à deux semaines de l'élection de Vladimir Poutine pour un nouveau mandat présidentiel.

Les jeunes femmes avaient indiqué avoir également voulu dénoncer "la collusion de l'Eglise et de l'Etat".

Les trois jeunes femmes ont été condamnées en août à deux ans de prison pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse".

Ekaterina Samoutsevitch a été libérée en appel en octobre, sa peine commuée en sursis au motif qu'elle avait été interceptée par les gardes de la cathédrale avant d'avoir pu prendre part à la performance.

L'affaire a suscité une mobilisation internationale.

Plus de 100 musiciens de renommée internationale, dont Madonna, Adele, Elton John ou encore Bryan Adams, ont appelé mardi à la libération des Pussy Riot.

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