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Le Canadien Aaron Yoon, soupçonné de liens terroristes, est de retour au pays

26/07/2013 02:12 EDT | Actualisé 24/09/2013 05:12 EDT

Le Canadien Aaron Yoon, condamné à 18 mois d'emprisonnement en Mauritanie pour avoir supposément entretenu des liens avec la branche nord-africaine du réseau Al-Qaïda (AQMI), est de retour au Canada.

Il a quitté la Mauritanie trois jours après sa libération. Parti de Paris à bord d'un vol d'Air Canada, il est arrivé en sol canadien vendredi.

Des policiers de la Gendarmerie royale canadienne (GRC) l'attendaient à l'atterrissage, selon un témoin. La GRC refuse de confirmer cette information, mais dit être au courant qu'un Canadien incarcéré en Mauritanie est arrivé au pays.

Le jeune homme âgé de 24 ans s'était rendu au Maghreb en compagnie de deux compatriotes qui ont été plus tard impliqués dans un attentat terroriste de grande envergure dans le complexe de gaz naturel d'In Amenas dans le sud-est de l'Algérie, en janvier. L'attentat et la prise d'otages s'étaient soldés par la mort de 37 otages.

M. Yoon, lui, avait été arrêté plus tôt en Mauritanie, en décembre 2011. Les trois jeunes étaient allés à l'école ensemble, à London, en Ontario.

Début juillet, un tribunal mauritanien a ordonné sa libération après l'avoir condamné à 18 mois de prison, soit l'équivalent de ce qu'il avait déjà passé en détention préventive.

M. Yoon a nié tout lien avec le terrorisme, et a soutenu qu'il s'était rendu en Mauritanie seulement pour apprendre l'arabe et étudier le Coran. Il a aussi déclaré à Amnistie internationale qu'il avait été torturé durant sa détention.

« Nous ne savons pas sur quelle base il a été escorté à son arrivée. Nous sommes complètement dans le noir », déplore John Tackaberry, de l'organisme de défense des droits de la personne, en réaction à son arrivée au pays vendredi.

« Un sujet de très haut intérêt » pour le Canada

Pour Michel Juneau-Katsuya, expert en renseignement, « il est très important pour les autorités canadiennes de continuer d'enquêter sur le groupuscule autour des jeunes gens de London », étant donné l'implication de deux d'entre eux dans l'attaque en Algérie. « On veut en savoir exactement quel a été son rôle, son implication. En connaît-il plus sur la filière africaine qui les ont amenés à participer à cette attaque ? Il a été arrêté avant l'attaque, alors on ne sait pas jusqu'où il a été trempé et jusqu'où il était prêt à aller. »

Des poursuites au Canada sont peu probables, à moins que des preuves fassent état d'autres éléments pour lesquels il n'a pas été condamné, ajoute l'expert. « On ne peut pas le poursuivre pour le même crime, il a déjà été arrêté et puni en Mauritanie ».

Si aucune accusation n'est déposée, M. Yoon devrait être relâché sous peu. « Mais il n'est pas dit qu'il ne sera pas sous haute surveillance pendant un bon bout de temps », souligne M. Juneau-Katsuya.

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