NOUVELLES

Deux manifestants tués dans un affrontement entre pro et anti-Morsi en Égypte

26/07/2013 08:46 EDT | Actualisé 25/09/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Deux manifestants ont été tués vendredi dans un affrontement entre partisans et opposants du président égyptien destitué à Alexandrie, a annoncé un responsable du ministère de la Santé.

Les affrontements sont survenus alors que les deux camps organisaient des manifestations rivales à travers tout le pays.

Le chef de l'armée égyptienne, le général Abdel-Fattah el-Sissi, a appelé la population à manifester en grand nombre vendredi pour donner à l'armée le mandat de faire cesser «la violence et le terrorisme». Les partisans de Mohammed Morsi, le premier président démocratiquement élu du pays, destitué par les militaires le 3 juillet, ont aussi organisé leurs propres manifestations.

L'armée et la police avaient promis de protéger les manifestants. Des dizaines de milliers de soldats ont été déployés dans tout le pays, avec l'appui de véhicules blindés et d'hélicoptères.

Des affrontements ont éclaté devant une importante mosquée d'Alexandrie, où les deux camps ont échangé des jets de pierres et des tirs de chevrotine. La police et l'armée ont tenté de séparer les deux camps en lançant des gaz lacrymogènes et en déployant des renforts militaires.

Selon un responsable du ministère de la Santé, Mohammed Abu Suleiman, deux personnes ont été tuées et au moins 20 autres ont été blessés dans l'affrontement.

Plus tôt vendredi, des procureurs ont annoncé avoir ouvert une enquête formelle sur Mohammed Morsi, en lien avec ses contacts allégués avec le Hamas palestinien pour organiser son évasion de prison en 2011. Un juge a ordonné la détention de M. Morsi pendant la durée de l'enquête.

Il s'agit de la première annonce officielle concernant le statut de Mohammed Morsi. Depuis sa destitution, il était détenu sans accusation par les militaires, dans un lieu inconnu.

Porter des accusations formelles contre Mohammed Morsi pourrait permettre au nouveau gouvernement de faire taire les appels à sa libération lancés par les pays occidentaux, mais risque d'accroître la colère de ses partisans, qui manifestent sans relâche pour réclamer son retour au pouvoir.

L'agence de presse officielle MENA a indiqué que M. Morsi serait détenu pendant 15 jours, le temps que l'enquête à son sujet soit complétée. Sa détention pourrait être prolongée si l'enquête se poursuit. L'agence a précisé que M. Morsi avait déjà été interrogé.

Un haut responsable des Frères musulmans, Essam el-Erian, a rejeté l'ordre de détention, estimant que Mohammed Morsi continuait de jouir de l'immunité en tant que président «légitime» du pays.

Les accusations qui pourraient être portées contre le président destitué sont liées à l'évasion de plus de 30 dirigeants des Frères musulmans d'une prison au nord-ouest du Caire durant le soulèvement de 2011 contre le régime dictatorial de Hosni Moubarak. Plusieurs reportages des médias égyptiens allèguent que les Frères musulmans ont reçu l'appui du Hamas, la branche palestinienne du mouvement, et du Hezbollah libanais, pour organiser l'évasion.

Les Frères musulmans affirment qu'ils ont obtenu l'aide de résidants pour s'évader, et non d'extrémistes étrangers.

PLUS:pc