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Le programme de formation à l'emploi d'Ottawa ne sourit pas aux provinces

25/07/2013 03:16 EDT | Actualisé 24/09/2013 05:12 EDT

NIAGARA-ON-THE-LAKE, Ont. - Les premiers ministres des provinces et territoires du Canada ont promis de combattre le programme fédéral controversé de formation à l'emploi, affirmant que le nouveau plan nécessiterait, de leur part, plus d'un demi-milliard de dollars en financement additionnel.

«La Subvention canadienne pour l'emploi suscite des préoccupations partout au pays», a déclaré la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, hôte de la réunion annuelle du Conseil de la fédération, qui se tient jusqu'à vendredi à Niagara-on-the-Lake.

«On sentait une très forte impression que le programme tel qu'il existe ne fonctionnera pas», a-t-elle ajouté.

Pour sa part, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a rappelé jeudi la position de son gouvernement dans ce dossier.

«Nous ne participerons pas à ce programme s'il (Ottawa) persiste à vouloir l'implanter et, par ailleurs, nous voudrions pouvoir exercer, à ce moment-là, notre droit de retrait avec pleine compensation si le fédéral persistait.»

Le gouvernement Harper veut détourner vers ce nouveau programme une partie des sommes qu'il verse aux provinces pour la formation de la main-d'oeuvre, ce qui permettrait d'allouer une subvention de 15 000 $ par travailleur. Ce nouveau programme serait toutefois financé dorénavant à parts égales par Ottawa, les provinces et les employeurs.

Cependant, les premiers ministres des provinces et territoires craignent que le programme ne leur donne pas suffisamment de souplesse pour consacrer les fonds là où les besoins sont les plus pressants, et qu'il mette en péril des programmes provinciaux existants.

Dans un communiqué, les premiers ministres ont fait savoir que la Subvention canadienne pour l'emploi nuirait aux mesures découlant des Ententes sur le marché du travail.

«Elle aurait pour effet d'exiger que les provinces et les territoires trouvent plus de 600 millions de dollars en financement supplémentaire afin d'assurer le maintien des programmes existants pour les clientèles vulnérables et la contrepartie financière requise par le gouvernement fédéral», précise le communiqué.

«Les petites entreprises ne sont pas intéressées à prendre part à ce programme non plus», a ajouté la première ministre de l'Ontario.

Mme Wynne a également indiqué que les premiers ministres Christy Clark, de la Colombie-Britannique, et David Alward, du Nouveau-Brunswick, vont se pencher sur la question et soumettre un rapport à leurs homologues cet automne.

«Nous demandons tous une rencontre des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux pour discuter de ces importants enjeux, car nous ne croyons pas que le programme va fonctionner de la façon dont il est structuré.», a-t-elle dit.

Le ministre de l'Emploi et du Développement social, Jason Kenney, a répondu qu'il avait hâte de rencontrer les premiers ministres cet automne.

«L'objectif premier du gouvernement demeure la création d'emplois, la croissance économique et la prospérité à long terme», a-t-il indiqué par voie de communiqué.

«La Subvention canadienne pour l'emploi réunira les gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux avec les employeurs pour investir dans le développement des compétences afin que les Canadiens qui sont sans emploi et ceux qui sont sous-employés puissent être qualifiés pour remplir les postes de haute qualité et les postes lucratifs qui sont disponibles.»

En coulisses, l'Ontario et la Colombie-Britannique disent être ouverts à la négociation pour trouver une entente qui convient à tous.

Cependant, la première ministre du Québec Pauline Marois, l'une des plus âpres opposantes au programme, a laissé savoir que quelques provinces opteraient plutôt pour s'en retirer complètement. Mais elle n'a pas voulu les identifier.

«Nous ne voulons pas d'invasion du gouvernement fédéral», a-t-elle dit.

Le programme, qui devrait être lancé en avril 2014, dépend des négociations avec les provinces qui devaient commencer cet été.

Les conservateurs fédéraux ont commencé à approcher certaines provinces, comme la Colombie-Britannique et l'Alberta. Mais d'autres, comme l'Ontario, n'ont pas été contactées.

Un document de neuf pages indique qu'Ottawa «a l'intention de discuter des détails de fonctionnement» avec les provinces.

Dans ce document provisoire, dont La Presse Canadienne a obtenu copie, il est écrit qu'Ottawa a l'intention d'organiser des rencontres bilatérales aussitôt que possible pour discuter des éléments de la proposition et initier les négociations.

Il est également clairement inscrit dans l'offre que les provinces et les territoires devront donner le crédit au gouvernement fédéral pour le programme un fois qu'il sera lancé.

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