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24/07/2013 10:25 EDT | Actualisé 23/09/2013 05:12 EDT

Pas de libération conditionnelle pour une Pussy Riot

Un tribunal russe rejette une nouvelle demande de libération conditionnelle déposée par Maria Alekhina, l'une des deux membres du groupe punk Pussy Riot qui reste emprisonnée pour avoir interprété une chanson attaquant le président Vladimir Poutine dans la cathédrale de Moscou.

La décision du tribunal de Perm, dans l'Oural, constitue un deuxième revers pour la jeune femme de 25 ans, qui est mère d'un jeune enfant. En mai, c'est un tribunal de Berezkini, dans le même district fédéral, qui avait rejeté la requête de l'artiste.

À la surprise générale, Maria Alekhina n'était pas présente dans la salle d'audience, malgré le fait qu'elle avait été transférée la veille du camp de travail forcé de Berezniki, à quelque 1600 kilomètres, où elle purge sa peine.

Elle a plaidé sa cause par vidéoconférence, mais plusieurs incidents techniques ont marqué la séance.

« Ce qui se passe aujourd'hui au tribunal chargé de l'affaire d'Alekhina est scandaleux », a commenté sur Twitter le blogueur russe Alexeï Navalny, un opposant de premier plan au président Poutine.

La jeune femme avait également été empêchée à l'audience tenue en mai à Berezniki, ce qui l'avait poussée à se lancer dans une grève de la faim en guise de protestation. Son jeûne avait finalement duré 11 jours.

Les médias russes rapportent que l'avocate de Mme Alekhina, Irina Khrounova, était cependant présente, tout comme sa mère.

Lundi soir, une centaine d'artistes de renommée internationale, dont Madonna, Adele, Elton John et Bryan Adams, avaient lancé un appel en faveur de la libération de la jeune femme et de l'autre membre de Pussy Riot qui demeure incarcérée, Nadejda Tolokonnikova.

« Tout en comprenant qu'une action de contestation menée dans un lieu de culte puisse choquer, nous demandons aux autorités russes de revoir les sentences très lourdes prononcées, afin que vous puissiez retrouver vos enfants, vos familles et vos vies », ont déclaré ces artistes dans une lettre ouverte.

Nadejda Tolokonnikova, jeune mère de 23 ans, reste incarcérée pour sa part en Mordovie, située à plus de 600 kilomètres de Moscou. Un tribunal a aussi rejeté sa demande de libération conditionnelle en avril. L'appel sur ce jugement sera entendu vendredi.

Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova ont été arrêtées en février 2012 après avoir chanté ce qu'elles ont qualifié de « prière punk » dans la cathédrale de Moscou. Elles y demandaient à la Sainte-Vierge de « chasser Poutine » du pouvoir. Elles ont été reconnues coupables de « hooliganisme » et d'« incitation à la haine religieuse » et condamnées à deux ans de travaux forcés.

Une troisième membre du groupe qui avait aussi été condamnée a été remise en liberté conditionnelle en octobre.

Pussy Riot est devenu depuis un symbole de la protestation contre Vladimir Poutine, qui est revenu au Kremlin en mai 2012, pour un troisième mandat de président, après un hiatus de huit ans.

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