NOUVELLES
24/07/2013 04:54 EDT | Actualisé 22/09/2013 05:12 EDT

John Furlong visé par des poursuites

PC

Deux anciennes élèves de l'école catholique Immaculata de Burns Lake ont déposé des poursuites civiles à la Cour suprême de la Colombie-Britannique, arguant avoir été l'objet d'agressions de la part de l'ancien président du comité organisateur des Jeux olympiques de Vancouver, John Furlong, qui a enseigné dans cette école en 1969 et 1970.

Les deux poursuites nomment M. Furlong, l'Archidiocèse catholique de Vancouver, le Diocèse catholique de Prince George et le Diocèse des écoles indépendantes catholiques de Prince George.

Elles détaillent des allégations d'agressions sexuelles et physiques contre deux élèves de l'école en 1969 et 1970.

L'histoire a fait surface l'automne dernier lorsque la journaliste Laura Robinson a écrit un article dans le journal Georgia Straight contenant les allégations que M. Furlong avait abusé verbalement et physiquement des étudiants autochtones lorsqu'il était enseignant dans une à l'école catholique Immaculata de Burns Lake à la fin des années 60.

M. Furlong a démenti avec véhémence ces accusations et annoncé son intention d'intenter une poursuite contre Mme Robinson et le journal Georgia Straight.

La journaliste avait contré en annonçant son intention de poursuivre John Furlong en justice pour avoir intentionnellement mal renseigné le public au sujet de son éthique professionnelle lorsqu'il l'a accusée d'avoir démontré un manque flagrant de diligence et de mener une vendetta à son endroit.

Des attouchements après le cours d'éducation physique

Dans leur poursuite, Grace Jessie West, 53 ans, et Beverly Mary Abraham, 55 ans, disent avoir été agressées sexuellement par John Furlong en 1969 et 1970 alors qu'elles avaient respectivement 10 et 11 ans.

Grace Jessie West affirme que les attouchements sexuels avaient lieu environ une fois par semaine, dans le vestiaire du gymnase, après que les autres élèves eurent quitté les lieux.

Elle soutient que John Furlong l'a également agressée physiquement presque tous les jours en lui donnant des coups de pied au derrière, dans les jambes et dans le dos quand il n'y avait pas de témoins. Grace Jessie West affirme de plus qu'il l'insultait en la frappant, utilisant des qualificatifs tels que « sale Indienne » et « squaw ».

Pour sa part, Beverly Mary Abraham dit avoir été agressée sexuellement une douzaine de fois entre novembre 1969 et mai 1970. Elle explique que les attouchements ont eu lieu dans le gymnase, dans la salle d'équipements et dans la salle mécanique de l'école Immaculata pendant les heures de classe, généralement après le cours d'éducation physique. Elle ajoute que John Furlong lui demandait de rester après la fin du cours et fermait la porte du gymnase.

La plaignante ajoute que John Furlong faisait usage de manipulation émotionnelle et psychologique en lui disant qu'il ne faisait rien de mal en la touchant, qu'elle était « sa belle fille indienne et sa protégée » et qu'elle était « sa favorite de toutes les filles ». La poursuite note que Beverly Mary Abraham n'a appris la définition du mot « protégée » qu'une fois à l'école secondaire.

Beverly Mary Abraham soutient également que John Furlong demandait aux soeurs de l'école de la punir physiquement en la forçant à s'agenouiller et en frappant ses mains ouvertes à répétition.

Aucune des allégations n'a été prouvée en cour.

L'Église aurait été au courant

Les poursuites affirment que l'Archidiocèse catholique de Vancouver, le Diocèse catholique de Prince George et le Diocèse des écoles indépendantes catholiques de Prince George étaient au courant de la situation, ayant été avertis par les parents des plaignantes.

Toujours selon les déclarations déposés à la cour, ce n'est qu'après avoir vu le point de presse du 27 septembre 2012 au cours duquel John Furlong niait les allégations publiées par le journal Georgia Straight que les deux plaignantes ont décidé d'obtenir l'avis d'avocats.

Des propos qui empirent les blessures

Grace Jessie West et Beverly Mary Abraham soutiennent que les propos tenus par John Furlong au cours de ce point de presse laissaient entendre que ceux qui l'accusaient d'actes inappropriés, elles y comprises, étaient malhonnêtes et s'adonnaient à des activités criminelles.

Les poursuites stipulent que ces propos de John Furlong étaient faux, diffamatoires, dits avec malice, malhonnêtes, et avaient pour but d'intimider ses victimes et de les décourager de faire appel à la justice. Les plaignantes ajoutent de plus que les propos ont porté atteinte à leur réputation et ont empiré les blessures émotionnelles et psychologiques causées par les agressions sexuelles et physiques qu'elles avaient subies dans leur enfance.

John Furlong n'a pas répondu aux demandes d'entrevues de Radio-Canada.