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24/07/2013 06:24 EDT | Actualisé 23/09/2013 05:12 EDT

Innu battu par la SQ: les Premières Nations réclament leur propre police

MONTRÉAL - Une vidéo montrant supposément des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) battant violemment un Innu a poussé plusieurs communautés autochtones de la province à réclamer la reprise du contrôle de leurs propres forces policières.

La vidéo, filmée la semaine dernière, montre ce qui ressemble à deux policiers attaquant un jeune homme dans la communauté d'Unamen Shipu à La Romaine, sur la Côte Nord.

La séquence a depuis mené à deux enquêtes policières différentes, en plus d'amener Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations pour le Québec et le Labrador, à réclamer des gestes immédiats.

Dans deux lettres publiées cette semaine — l'une envoyée à Ottawa et Québec, et l'autre diffusée en ligne —, M. Picard appelle à agir contre le racisme et la discrimination dont seraient victimes les habitants des Premières Nations.

Les missives adressées aux gouvernements réclament également le retour des services de police autochtones, et demandent à ce que ceux-ci reçoivent les ressources nécessaires pour accomplir efficacement leur travail.

De 2007 à 2009, six communautés autochtones du Québec ont vu leur police autogérée être remplacée par les autorités provinciales.

M. Picard demande de fait une rencontre urgente avec les ministres provincial et fédéral responsables de la sécurité publique.

«Des aînés, des femmes, des jeunes des Premières Nations, dans leurs communautés ou dans des villes, ont peur. Ils ont peur de dérapages. Ce n'est pas normal. Ce n'est pas acceptable», écrit-il dans sa lettre publique.

Selon lui, la vidéo de la semaine dernière rappelle de quelle façon le système de justice peut s'avérer inéquitable envers les gens des Premières Nations.

Il soulève entre autres la question du profilage racial, ajoutant que la frustration des Innus envers la SQ augmente clairement.

Du côté de la police provinciale, la porte-parole Nathalie Girard mentionne que la SQ a lancé deux enquêtes; l'une se penche sur le comportement des agents, tandis que l'autre porte sur l'homme apparaissant dans la vidéo.

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