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24/07/2013 04:12 EDT | Actualisé 22/09/2013 05:12 EDT

Espagne : 60 morts dans le déraillement d'un train  

Au moins 60 personnes ont été tuées et 131 autres blessées mercredi soir dans le déraillement d'un train près de Saint-Jacques-de-Compostelle, dans le nord-ouest de l'Espagne, ce qui constitue l'un des accidents ferroviaires les plus meurtriers de ces 25 dernières années en Europe.

Selon la radio Cadena Ser, un témoin a évoqué une explosion juste avant le déraillement, mais l'hypothèse privilégiée par le gouvernement est celle d'un accident. Le souvenir reste vivace en Espagne des attentats de mars 2004 contre des trains de banlieue de Madrid commis par des islamistes radicaux, qui firent 191 morts.

Le train qui reliait Madrid à la ville d'El Ferrol transportait 247 personnes, et le déraillement s'est produit à 20 h 41 (18 h 41 GMT), a précisé la Renfe, la compagnie des chemins de fer espagnols.

Ce drame survient à la veille de la fête catholique de saint Jacques, évangélisateur de l'Espagne, et près de son sanctuaire galicien où affluent chaque année de nombreux pèlerins.

Toutes les festivités ont été annulées, a annoncé l'office du tourisme de la ville.

Sur le site du journal Voz de Galicia, des photos montrent plusieurs voitures couchées sur le côté, de la fumée s'élevant des wagons accidentés.

« Dans une courbe, le train a commencé à bouger et les wagons se sont empilés les uns sur les autres », a dit un passager rescapé, Ricardo Montesco. « J'étais dans la deuxième voiture et il y avait du feu... J'ai vu plusieurs cadavres. »

Selon un journaliste de Cadena Ser, toutes les voitures du convoi ont déraillé et de nombreux corps recouverts de couvertures ont été déposés près de la voie.

« Dantesque »

Saint-Jacques-de-Compostelle est la ville natale du président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui se rendra jeudi matin sur les lieux de la catastrophe.

« Face à une telle tragédie (...), je ne peux qu'exprimer ma sympathie la plus profonde en tant qu'Espagnol et en tant que Galicien », a-t-il dit.

Les cliniques de la ville ont été vite débordées par l'afflux de blessés et les hôtels ont aménagé des chambres gratuites pour les proches des victimes. Le gouvernement central a dépêché des experts en médecine légale et des personnels soignants par avion spécial.

« La scène est choquante, c'est dantesque », a déclaré le président de la région de Galice, Alberto Nunez Feijoo, à la radio.

Alors que le pays plongé dans la récession continue d'être secoué régulièrement par des manifestations contre l'austérité, les pompiers ont annulé un mouvement de grève pour participer aux secours tandis que les personnels d'hôpitaux, dont beaucoup ont vu leurs salaires réduits, ne comptaient pas leurs heures supplémentaires pour venir en aide aux blessés.

Cet accident survient moins de deux semaines après le déraillement d'un train en France, en gare de Brétigny-sur-Orge au sud de Paris, qui a fait six morts le 12 juillet.

D'après les premières conclusions, l'accident de Brétigny résulte du basculement d'une éclisse, une pièce de raccordement métallique d'une dizaine de kilos fixée par quatre boulons aux rails, qui s'est détachée pour se retrouver dans le système d'aiguillage à quelque 200 mètres de la gare.

Concernant l'accident en Galice, un responsable gouvernemental a déclaré qu'aucune déclaration ne serait faite sur l'origine du déraillement tant que les enregistrements de la boîte noire du train n'auront pas été examinés.

« Nous nous éloignons de l'hypothèse d'un sabotage ou d'une attaque », a-t-il toutefois déclaré.

L'accident est l'un des plus graves survenus ces 25 dernières années en Europe, le plus meurtrier restant l'accident de Kaprun en Autriche. Un incendie dans le tunnel d'un funiculaire avait enflammé un train bondé de skieurs, faisant 155 morts.

Reuters

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