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24/07/2013 10:19 EDT | Actualisé 23/09/2013 05:12 EDT

Elliot Lake : le propriétaire avait aussi négligé l'ignifugation

AP

La réparation du toit du centre commercial Algo d'Elliot Lake, qui s'est effondré l'été dernier tuant deux résidents de la municipalité du nord de l'Ontario, n'était pas le seul projet de rénovation que son propriétaire avait reporté. Robert Nazarian a admis, mercredi, à l'enquête publique sur le drame qu'il avait aussi omis durant des années de traiter l'édifice contre le feu.

Il a témoigné que toute ignifigation aurait été inutile, compte tenu du problème d'infiltration d'eau chronique au centre commercial. Il a affirmé que ce problème, à l'origine de l'effondrement du toit, devait être réglé en premier, selon lui, ce qui n'a jamais été fait.

M. Nazarian s'est pourtant conformé à la requête d'ignification du chef des pompiers d'Elliot Lake, mais seulement des années après avoir acheté le Centre Algo en 2005.

L'homme d'affaires d'origine iranienne a entrepris, mercredi, sa deuxième journée de témoignage, après s'être excusé pour ses sautes d'humeur à la barre. Mardi, la tension est montée d'un cran entre lui et l'avocat de la commission Bélanger. Visiblement frustré par les questions pointues de Me Peter Doody, M. Nazarian a même répondu par une boutade qu'il avait « bu et joué », plutôt que d'investir dans la rénovation du centre commercial.

Le problème d'infiltration d'eau chronique y était tel que les résidents avait surnommé l'édifice les « chutes Algo ». Le toit, qui servait aussi de terrain de stationnement, s'est finalement effondré partiellement le 23 juin 2012, une poutre complètement rouillée cédant sous le poids des véhicules. 

M. Nazarian s'est défendu en affirmant qu'il avait hérité d'un « éléphant blanc ». Il a témoigné que les propriétaires précédents ne l'avaient pas informé du tout du problème lorsqu'il a fait l'acquisition du centre commercial. Il ne savait pas, a-t-il dit, que des travaux de l'ordre de millions de dollars étaient nécessaires. Il a ajouté qu'il avait voulu poursuivre les anciens propriétaires, mais que son avocat lui avait conseillé à l'époque de ne pas le faire. Selon le contrat de vente, l'homme d'affaires d'origine iranienne avait acheté l'établissement « tel quel ».

M. Nazarian a affirmé devant la commission Bélanger qu'il avait fait tout son possible pour réparer le toit du Centre Algo. Il a même soutenu mercredi qu'il était prêt à utiliser sa marge de crédit personnelle pour régler la facture.

« Nous n'avons rien fait de mal », a ajouté M. Nazarian.

Toutefois, il a avoué « ne pas avoir de réponse » lorsqu'il a été interrogé sur le fait qu'il avait demandé qu'on retire les mots « fuite en cours » d'un rapport d'inspection.

La semaine dernière, son fils, Levon, qui aidait son père à gérer le Centre Algo, a témoigné devant la commission Bélanger que ce dernier s'était senti trompé, après avoir acheté l'établissement.

Les Nazarian avaient tenté de se départir du centre commercial, mais sans succès. Levon a nié que c'était parce qu'ils ne voulaient pas effectuer les réparations nécessaires. Il a affirmé que, même dans les jours précédant le drame, Eastwood Mall Inc. tentait de trouver les fonds requis.

Vérité?

Toutefois, d'autres témoins ont soutenu devant la commission qu'aucuns travaux majeurs n'avaient été financés et qu'une société-écran avait même été créée pour laisser croire au créancier des Nazarian que d'importants travaux seraient amorcés. Levon Nazarian a nié catégoriquement qu'une telle compagnie ait été mise sur pied dans le seul but de prouver à la Banque RBC, déjà inquiète de l'état du bâtiment, que celui-ci serait réparé.

Levon Nazarian a aussi été accusé dans l'enquête publique d'avoir camouflé la vérité à propos du Centre Algo en évitant de transmettre un rapport d'inspection indépendant, commandé par un locataire du centre commercial, à un autre ingénieur responsable de son inspection.

Il aurait également tenté de dissimuler la chute d'un morceau de béton de l'édifice quelques mois avant l'effondrement de 2012.