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24/07/2013 04:05 EDT | Actualisé 22/09/2013 05:12 EDT

Bulgarie : Le mouvement de protestation se durcit

Les manifestations antigouvernement qui secouent la Bulgarie depuis 40 jours ont connu leur point culminant dans la nuit de mardi à mercredi avec le siège du Parlement. Un calme relatif a été restauré et les manifestations se poursuivaient mercredi soir sans incident.

Les policiers ont mis fin au siège mercredi matin en escortant les 109 députés et ministres qui avaient été confinés dans l'édifice pendant plus de 8 heures. L'escouade antiémeute a dispersé les manifestants.

Il s'agissait de la seconde tentative d'évacuation des forces policières, après que les protestataires aient bloqué la route et lancé des pierres à un autobus escortant les otages. L'opération a provoqué des accrochages et fait une vingtaine de blessés, dont cinq policiers.

Environ 4000 personnes manifestaient toujours, mercredi soir, devant le parlement à Sofia et scandaient « Mafia! » et « Démission! ». « Nous voulons vous voir en prison », était-il écrit sur des banderoles.

Aux origines du soulèvement

Le gouvernement bulgare, une coalition dirigée par les socialistes, a été porté au pouvoir lors d'un scrutin anticipé le 12 mai dernier après la démission en bloc de l'ancien cabinet, qui n'a pas survécu à la colère de la population, échaudée par les mesures d'austérité.

La nomination d'un magnat de la presse controversé à la tête de l'agence nationale de la sécurité a provoqué l'actuelle vague de manifestations. La désignation de Delyan Peevski a été annulée, mais les manifestants jugent que le gouvernement demeure corrompu et qu'il doit partir.

« Les gens protestent contre le modèle du pouvoir, un mélange d'économie, de criminalité et de politique et ce cocktail issu de l'effondrement du régime totalitaire [en 1989] trouve son expression dans tous les partis » représentés au Parlement, a expliqué à l'Agence France-Presse le politologue Tsvetozar Tomov. « L'issue est incertaine. Des élections anticipées paraissent inévitables, cet automne, si la tension continue à augmenter, ou au printemps », a-t-il ajouté.

Le gouvernement s'accroche

Le parti socialiste soutenant le gouvernement du premier ministre sans étiquette Plamen Orecharski a décidé, lors d'une réunion mercredi, de ne pas céder aux demandes d'élections anticipées.

« Les gouvernements ne démissionnent pas, dans les pays de l'Union européenne, sous la pression de deux ou trois mille protestataires », a souligné un responsable du parti, Yanaki Stoilov. Des voix dissonantes s'élèvent toutefois au sein même des socialistes pour demander des élections anticipées.

Le président Rossen Plevneliev, issu du parti conservateur Gerb, a de son côté appelé les partis représentés au Parlement à « chercher des voies pour surmonter la situation difficile ».

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