DIVERTISSEMENT
23/07/2013 12:48 EDT

Gala hommage Juste pour rire: des fleurs et des éloges pour Jean-Marc Parent

Agence QMI

« Je me suis fait beaucoup brasser, et c’est vrai que ça fait mal. C’est difficile de rester debout. Mais je n’aurais jamais, jamais, jamais pu penser qu’aujourd’hui, je vivrais un petit peu l’inverse! »

Jean-Marc Parent a probablement fait monter les larmes aux yeux d’à peu près tout le monde dans la salle Wilfrid-Pelletier, lundi soir, au terme de l’hommage que lui a rendu Juste pour rire. Lui-même en sanglots, l’incomparable artiste a chaleureusement remercié un à un les amis qui ont pris part à ce gala orchestré dans le plus grand secret, de même que ses proches et le public. À n’en pas douter, il est désormais loin, très loin, le temps des critiques et des railleries, pour celui qu’on surnomme affectueusement JMP.

Le spectacle s’est ouvert un peu après 20h avec, projetée à l’écran, l’arrivée en direct de l’étoile de la soirée, débarquée de son winnebago stationné près de la Place des Arts, et escortée par Gilbert Rozon. Marie-Élaine Thibert a ensuite investi l’espace pour une version toute personnelle de Laisse-moi t’aimer, et a été rejointe par quelques vieux chums de Jean-Marc, assis sur leur moto.

« Pour Jean-Marc, une année de vie équivaut à sept années de monologues », a illustré l’animateur Stéphan Bureau dans son allocution d’ouverture, qui a bien reflété l’essentiel du parcours de l’humoriste. « Tu es le Messie de l’humour au Québec. Tu nous as guidés vers la lumière en la flashant. C’est vrai qu’on est prêts à te suivre n’importe où! »

De l’émotion…

Beaucoup, beaucoup de moments d’émotion ont ponctué ce bien-cuit plein d’affection. On n’a pas toujours ri à s’en tenir les côtes, et l’ensemble s’est avéré ici et là inégal, mais l’objectif avoué était de faire plaisir à Jean-Marc Parent et, à observer les réactions du principal intéressé, la mission a été pleinement remplie. Plusieurs beaux témoignages, certains comiques, et d’autres plus émouvants, ont façonné cette fête extrêmement dense, d’une durée de deux heures trente.

Le comédien Patrice Bélanger a brisé la glace en livrant, en quatre minutes et des poussières, Le coq, un texte de Jean-Marc Parent durant à l’origine 15 minutes. Un peu plus tard, on aurait pu entendre une mouche voler lorsque Pierre-François Legendre a reformulé un numéro portant sur la violence conjugale, aussi percutant qu’à sa création, en 1991. Et Lise Dion, autoproclamée « le pendant féminin de Jean-Marc », s’est elle aussi éclatée en imitant son grand complice dans sa tirade sur les régimes, une perle de dérision tirée du spectacle Urgence de vivre. « Comme le public, j’ai souvent failli mourir en t’écoutant raconter ta vie », a lancé Lise avec admiration.

François Massicotte était de la même promotion que Jean-Marc Parent, à l’École nationale de l’humour, en 1988. Il est venu raconter des souvenirs de cette époque où « le métro fonctionnait, où on allait magasiner chez Distribution aux consommateurs, où Justin Bieber n’était pas encore né, et sa mère non plus. » En arrière-plan trônaient les photos de finissants des deux ex-collégiens.

Les premières larmes de la soirée ont été versées par Chantal Lamarre, amie de Jean-Marc depuis leur passage au Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu. Elle a qualifié son vieux copain de « clown éduqué » et évoqué ses « excès de tarte au sucre et de chips au vinaigre », lui qui n’a jamais consommé une goutte d’alcool ou de drogue. Elle a aussi mentionné ses légers troubles obsessionnels-compulsifs, dont son obsession de la propreté. « Je l’avoue, une fois, j’ai liché un petit peu ton plancher de salle de bain », a-t-elle révélé. Elle a terminé son petit laïus avec des trémolos dans la voix.

Rachid Badouri, dans un costume d’Aladin, a transmis un très beau message, senti et plein de vérité, à son idole, avec qui il a eu la chance de faire du camping, une expérience dont il chérit le souvenir. « Tu es un grand, il n’y a personne qui peut faire ce que tu as fait. Personne n’a ta plus grande force : ton cœur de géant! » Quelques secondes auparavant, Badouri avait fait rigoler le parterre en échangeant des boutades avec Stéphan Bureau. « Tu as droit à deux vœux, pas trois. On est à Montréal. Même les génies doivent verser un pourcentage de leurs vœux à l’hôtel de ville! »

Les concepteurs du gala ont eu une très belle idée en invitant André Leclerc, qui a été l’inspiration de Jean-Marc pour son sketch de l’Handicapé, en 1988. « Jean-Marc est venu me voir il y a à peu près 20 ans dans mon bureau. Il m’a dit qu’il ne voulait pas rire de nous autres, qu’il voulait rire de la situation. » L’attachant monsieur a reçu une ovation debout.

… et des rires

Sur une note plus légère, François Bellefeuille a généré bien des fous rires dans la peau d’un médecin récemment radié de son ordre professionnel, à qui on avait confié le mandat de s’occuper de la santé de Jean-Marc. « Je devrais faire ton bilan de santé, mais je vois ça comme une job à temps plein », a-t-il argué. D’ailleurs, on a compté plusieurs clins d’œil à l’hypocondrie assumée du célébré, dont la présence de son médecin, le docteur Gamache, assis à quelques sièges de lui !

Sinon, Philippe Laprise vêtu de coton ouaté de la tête aux pieds, identique au Jean-Marc Parent des années 1990, a tenté de faire un show de boucane avec une mobylette et s’est adonné au air guitar, les Denis Drolet nous ont donné une leçon de séduction et Jérémy Demay a décortiqué les paroles de la chanson Flash tes lumières dans un karaoké. Laurent Paquin, lui, s’est fait le porte-parole de tous les autres humoristes en décriant – avec ironie, bien sûr – le succès de JMP.

« Jean-Marc, il va s’acheter du lait et il nous en parle pendant deux heures! Moi, dans mon bout, acheter du lait, c’est vraiment plate! » Il s’est aussi attaqué à l’affiche de Torture, le dernier spectacle de la vedette, qui n’arbore qu’un fauteuil blanc comme seule parure.

« Mets-toi à la place des autres humoristes; c’est frustrant quand ta face vend moins qu’un crisse de fauteuil! Je suis plus drôle que Brault et Martineau, me semble! » Terminant ses doléances avec un « Va chier, Jean-Marc » plein de tendresse, Laurent a quitté les projecteurs pendant que les spectateurs se levaient pour l’ovationner.

Un faux bulletin de nouvelles piloté par Stéphan Bureau a été le prétexte pour revenir sur les années où Jean-Marc était porte-parole de Subway et pour faire une analyse de son look au fil des ans. Steven Guilbeault, Jean Airoldi et même Chris Hadfield, « attrapé » lors de son voyage en orbite, il y a quelques mois, ont apporté leur grain de sel dans un extrait préenregistré.

Aussi en vidéo, les Grandes Gueules ont subi la revanche de Jean-Marc Parent, l’une de leurs têtes de turc favorites, en trouvant dans leur lit une fausse tête de cheval. Dans une amusante saynète, Stéphane Fallu a tenté de battre le record de la plus longue prestation de JMP (25 heures) en se produisant, avec plus ou moins de succès, pendant sept jours consécutifs dans un théâtre montréalais. Au volant d’une voiture de course, Michel Barrette a relaté quelques souvenirs d’une tournée conjointe avec Jean-Marc, au début de la carrière de celui-ci. Et François Morency, Denis Bouchard, Mike Ward, Claudine Mercier, Gilbert Rozon, Dominique Michel, Louise Richer et quelques autres ont pris place à bord d’un véhicule motorisé pour adresser de jolis mots à leur camarade.

« Je veux toujours avoir Jean-Marc Parent dans mes galas Juste pour rire, parce que je ne l’ai jamais vu faire autre chose qu’un hit », a laissé tomber François Morency avec sincérité.

« Jean-Marc s’est beaucoup fait taper dessus, mais c’est quand tu te relèves qu’on voit la force de quelqu’un », a de son côté souligné Denis Bouchard.

Dodo et Charlebois en clôture

Le mot de la fin est revenu à Dominique Michel, qui avait introduit Jean-Marc Parent lors de son premier gala Juste pour rire et de qui il est demeuré très proche. La dame lui a remis le trophée-hommage en blaguant à propos du bébé royal né quelques heures plus tôt. Avant elle, le chanteur favori du jubilaire, Robert Charlebois, avait littéralement bouleversé ce dernier en venant interpréter Ordinaire au piano.

« Je ne savais pas que tu m’aimais autant que ça. Le plus ému des deux, ce n’est peut-être pas celui qu’on pense! », a chaleureusement déclaré Charlebois, que Jean-Marc a remercié avec effusion après la prestation. Déjà, on sentait que les gorges commençaient à se nouer dans la salle…

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