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23/07/2013 07:58 EDT | Actualisé 22/09/2013 05:12 EDT

Bébé royal: Une fille aurait constitué un rendez-vous avec l'histoire

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Members of the public and tourists pose for pictures outside Buckingham Palace in London, on July 23, 2013, as they look at an easel (Background) announcing the birth of Prince William and Catherine, Duchess of Cambridge's new baby boy. Britain's new baby prince follows his father and late grandmother by being born under the zodiac sign of Cancer, suggesting he will be a strong leader, according to astrologists. AFP PHOTO / WILL OLIVER (Photo credit should read WILL OLIVER/AFP/Getty Images)

En ayant un garçon, Kate et William ratent, aux yeux de certains, un rendez-vous avec l'histoire car une fille serait montée de la même façon qu'un garçon sur le trône, triomphant d'une loi dite de la primogéniture masculine.

Après Elizabeth II, il faudra attendre au moins trois générations --celle de Charles, de William et du bébé royal-- avant de pouvoir envisager le retour d'une reine sur le trône britannique.

Si William et Kate avait eu une fille, elle aurait --à l'instar du nouveau-né-- été propulsée en troisième position dans l'ordre d'accession au trône britannique, passant devant son oncle Harry.

Et elle aurait pu régner après son grand-père (héritier) et son père (héritier en second), une fois entériné le changement historique des règles de succession dont le principe a été décidé en 2011.

Jusqu'ici, les princesses accédaient au trône par défaut, en l'absence d'un frère pour les doubler, en vertu de la règle de primogéniture masculine en voie d'abolition.

Si l'actuelle reine, Elizabeth II, a été couronnée après la mort de son père le roi George VI, c'est parce qu'elle n'avait pas de frère.

Après des décennies de discussions pour mettre fin à cette inégalité ancestrale, l'initiative est venue du gouvernement du conservateur David Cameron.

Au Royaume-Uni, le projet de loi a été voté rapidement par le Parlement et a reçu l'assentiment de la reine en avril dernier.

Mais pour entrer en vigueur, il doit encore être formellement avalisé dans chacun des 15 autres pays (parmi les 54 du Commonwealth) dont la reine est le souverain.

Ils ont tous donné leur accord de principe lors d'un sommet en 2011 et certains ont déjà formellement adopté le projet de loi.

Au Canada, où le Parlement a approuvé le changement, un recours a néanmoins été introduit en juin devant la Cour supérieure du Québec pour faire déclarer inconstitutionnelle la nouvelle loi, au motif notamment que les provinces n'avaient pas été consultées.

Cet "Acte de succession à la couronne 2013" s'appliquera de façon rétrospective, pour les enfants nés "après le 28 octobre 2011".

Ce qui exclut par exemple des bénéficiaires la princesse Anne, deuxième enfant de la reine et du prince Philip. Dans l'ordre de succession au trône, elle se trouve derrière ses deux plus jeunes frères et leurs enfants.

La nouvelle législation met aussi fin à l'interdiction pour un monarque de se marier avec un ou une catholique, aux termes de la Bill of Rights (1689) et de l'Act of Settlement (1701) consécutif au schisme anglican du XVIe siècle.

La levée de l'interdit réintégrera donc dans la ligne de succession les membres de la famille royale qui en avaient été exclus après avoir épousé une catholique, comme le prince Michael de Kent, un cousin de la reine.

En revanche la couronne reste réservée aux personnes "en communion" avec l'Eglise anglicane d'Angleterre, ce qui exclut les croyants d'autres religions et les non-croyants.

"Ces interdictions restent en place car le souverain est à la tête de l'Eglise d'Angleterre" et se doit donc d'y appartenir, souligne le constitutionnaliste Bob Morris, de UCL.

Si le Royaume-Uni n'a jamais observé la loi salique empêchant les femmes de régner, en revanche une inégalité demeure quant au conjoint du souverain.

Kate, quand William accèdera au trône, sera reine. Tandis que le mari de la reine Elizabeth II, le prince Philip, n'est pas roi mais "prince consort".

"Une reine, souveraine de plein droit, n'est pas la subordonnée en droit constitutionnel de son mari". Octroyer le titre de roi au mari de la souveraine pourrait suggérer un rapport de supériorité, explique encore Bob Morris.

Avant Elizabeth II, la reine Victoria a régné de 1837 à 1901, le plus long règne de l'histoire britannique (63 ans). Lui ont précédé sur le trône, la reine Anne (1702-1714), la reine Mary II (1689-1694), Elizabeth I (1558-1603), Mary I (1553-1558) et Mary, reine d'Ecosse (1542- 1567).

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