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22/07/2013 07:01 EDT | Actualisé 21/09/2013 05:12 EDT

Nouvelle-Écosse: des conditions au projet d'électricité par câble sous-marin

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HALIFAX - L'avenir d'une entente qui doit permettre à la Nouvelle-Écosse d'être alimentée en électricité par Terre-Neuve-et-Labrador par l'entremise d'un câble sous-marin (Maritime Link) est devenu incertain, alors qu'un organisme de réglementation a approuvé de façon conditionnelle le projet d'une valeur 1,5 milliard $.

Dans sa décision, la Commission des services publics et d'examen de la Nouvelle-Écosse demande que les surplus d'électricité livrés par la société d'énergie de Terre-Neuve-et-Labrador, Nalcor Energy, soient offerts au prix du marché. Nalcor Energy n'a jamais accepté d'offrir de telles garanties aux citoyens de la Nouvelle-Écosse sur cette question.

Emera Inc (TSX:EMA), la compagnie à l'origine du projet de lien maritime, a indiqué qu'elle souhaitait étudier la décision avant de se prononcer sur les conséquences qu'elle pourrait avoir sur son projet.

Nalcor a indiqué que sa priorité était d'obtenir le plus de bénéfices possibles par la vente de ses surplus d'électricité, car le projet de centrale de Muskrat Falls devait d'abord bénéficier aux citoyens de Terre-Neuve-et-Labrador.

Le président de Nalcor, Ed Martin, a indiqué qu'Emera n'avait pas nécessairement à obtenir l'électricité nécessaire à son projet de la part de son entreprise.

Une déclaration qui peut faire croire que Nalcor n'est que peu encline à renégocier les termes de l'entente conclue avec Emera pour la rendre acceptable aux yeux de la Commission des services publics et d'examen de la Nouvelle-Écosse.

Le ministre de l'énergie de la Nouvelle-Écosse, Charlie Parker, a cependant indiqué qu'il ne croyait pas que la décision pouvait nuire au bon déroulement du projet. «Nous espérons voir l'électricité de Terre-Neuve-et-Labrador faire son arrivée en 2017», a-t-il indiqué lundi.

Le premier ministre de la province, Darrell Dexter, a pour sa part affirmé que les citoyens de la Nouvelle-Écosse allaient bénéficier du projet, si Emera accepte de se plier à la décision de la Commission.

Hydro-Québec a par ailleurs annoncé lundi qu'elle se rendrait en Cour supérieure pour deux «prises de position» récentes de Churchill Falls Corp. (CF Co.) concernant ses droits d'achats de l'énergie de la centrale.

Cette décision de la société d'État québécoise pourrait influencer le dossier de la centrale de Muskrat Falls. Nalcor a une entente avec une division d'Emera afin de pouvoir fournir la Nouvelle-Écosse avec 20 pour cent de l'énergie provenant de la première phase du projet hydroélectrique du Bas-Churchill. En échange, elle doit notamment débourser 20 pour cent des coûts associés aux coûts d'opération du projet de Muskrat Falls.

Hydro-Québec dit jouir de certains droits essentiels, à savoir le droit exclusif d'acheter, jusqu'au 31 août 2041, la « quasi-totalité » de la puissance et de l'énergie de la centrale de Churchill Falls, et le droit au bénéfice d'une flexibilité opérationnelle.

Hydro-Québec conteste le fait qu'elle n'aurait droit qu'à des blocs d'énergie mensuels fixes de 2016 à 2041. Elle estime qu'elle serait ainsi privée de la latitude opérationnelle de déterminer les quantités d'énergie dont elle peut demander livraison à CF Co., et par le fait même d'une coordination de l'exploitation de la centrale de Churchill Falls avec celle de l'ensemble du parc de production de l'entreprise.