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22/07/2013 05:38 EDT | Actualisé 21/09/2013 05:12 EDT

Le pape François arrive au Brésil pour son premier voyage international officiel

RIO DE JANEIRO - Le pape François a renoué, lundi, avec la chaleur de l'Amérique latine alors qu'il amorce au Brésil son premier voyage officiel à l'étranger, dans le but d'assister aux Journées mondiales de la jeunesse.

La présidente du pays, Dilma Rousseff, a patienté sur la piste d'atterrissage pour accueillir le prestigieux visiteur qui avait pris place à bord d'un appareil commercial spécialement affrété pour lui et qui a choisi de transporter lui-même son bagage à main, collant ainsi à son image d'«homme du peuple».

C'est la première fois qu'il revient dans son continent d'origine depuis son élection en mars dernier.

Son arrivée a été chaotique.

Le véhicule à bord duquel le pape prenait place a été encerclé par des croyants en délire lorsqu'il s'est retrouvé coincé dans la circulation. Quelques gardes de sécurité ont alors dû faire des pieds et des mains pour éviter que la situation ne tourne au vinaigre.

Ce bain de foule inopiné était le résultat d'une simple erreur humaine. Un responsable municipal a expliqué que le conducteur papal a emprunté le mauvais chemin.

Le chef de l'Église catholique a semblé garder son sang-froid en dépit de la frénésie. Il a même ouvert sa fenêtre, salué la foule de la main et embrassé un poupon.

À la suite de cet épisode mouvementé, il a pris place à bord d'un véhicule protégé et il a parcouru les principales artères de Rio de Janeiro.

Le passage de François ne sera pas seulement ponctué de rencontres informelles avec des fidèles. Il a aussi rendez-vous avec Mme Rousseff. Avec elle, il était prévu que le Saint-Père traite de la question de la misère humaine, un enjeu cher à la chef de l'État, qui s'est engagée à éradiquer la pauvreté extrême au moment de son arrivée au pouvoir.

De son côté, le pape a abordé de front une thématique économique, qui lui tient à coeur, alors qu'il n'avait pas encore posé le pied au Brésil.

Durant le vol en provenance de l'Italie, devant environ 70 journalistes, il a exprimé ses inquiétudes pour la génération montante qui traverse une crise puisqu'elle doit composer avec un marché de l'emploi capricieux.

Son message devrait trouver écho auprès des multiples fidèles qui sont attendus pour une cérémonie papale prévue dans un décor pour le moins inusité: la plage de Copacabana.

Plus d'un million de jeunes devraient se déplacer pour l'occasion et certains d'entre eux ont peine à contenir leur optimisme.

Invité à expliquer pourquoi il s'était rendu en sol brésilien, Ismaël Diaz, un jeune pèlerin du Paraguay, a lancé: «je suis ici pour la foi! Je suis ici pour la joie! Je suis ici pour le premier pape latino-américain!».

Le cardinal de Sao Paulo, Odilo Scherer, pense que nul ne sera déçu puisque le «pape François est extrêmement charismatique [et que] son langage est simple et direct».

De toute évidence, tous ne partagent pas cet enthousiasme débordant. Même si le Brésil demeure la nation catholique romaine la plus populeuse, plusieurs fidèles ont visiblement choisi de tourner le dos à leur Église.

Dans un sondage du respecté groupe Datafolha publié dimanche, 57 pour cent des répondants de 16 ans et plus se sont définis comme étant catholiques, un plancher historique.

À peine six ans plus tôt, alors que Benoît XVI était de passage au Brésil, le seuil enregistré était plutôt de 64 pour cent.

En 1980, au moment de la visite de son prédécesseur Jean-Paul II, le recensement avait permis d'établir que 89 pour cent des citoyens se considéraient comme des catholiques.

Ces reculs successifs sont entre autres imputables à la popularité croissante du pentecôtisme au Brésil, et à la montée de la laïcité. Ils ne sont pas étrangers non plus à l'insatisfaction croissante de groupes qui défendent les droits des gais et lesbiennes, ou qui se battent contre la position anti-avortement de l'Église catholique.

Des militants appartenant à ces deux camps ont promis d'exprimer leur indignation. Et ils ne seront pas les seuls à faire entendre haut et fort leur mécontentement.

Des protestataires qui en ont non pas contre le pape mais bien contre ce qu'ils décrivent comment étant la corruption du gouvernement brésilien ont aussi l'intention de continuer de prendre les rues d'assaut.

Le Saint-Père serait favorable aux manifestations pacifiques.

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