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22/07/2013 05:59 EDT | Actualisé 21/09/2013 05:12 EDT

La naissance du bébé royal peut-elle avoir un impact sur l'économie?

Un texte de Dominique Scali

De nombreux Britanniques sabreront le champagne pour fêter la naissance du nouvel héritier de la couronne d'Angleterre. Certains se procureront des figurines et autres souvenirs à l'effigie des nouveaux parents et du bébé royal. L'heureux événement pourrait même gonfler la confiance des consommateurs à court terme.

Mais dans tous les cas, les conséquences de la nouvelle sur l'économie britannique seront limitées, estiment les économistes du IHS Global Insight. « La naissance royale pourrait fournir à l'économie une stimulation positive temporaire et de petite envergure », estime Howard Archer.

Le centre britannique de recherche sur les ventes de détail chiffre le volume d'affaires entourant l'événement à près de 243 millions de livres sterling, soit près de 386 millions de dollars, rapporte le site financier La Tribune. Pour l'occasion, les Britanniques dépenseraient près de 100 millions de dollars en alcool et l'économie britannique pourrait gagner près de 59 millions de dollars grâce aux exportations de produits dérivés.

Il faut toutefois noter que l'argent dépensé par les ménages dans les célébrations, qui pourraient s'ajouter à celles de la victoire du joueur de tennis Britannique Andy Murray à Wimbledon ou du cycliste Chris Froome au Tour de France, pourrait mener certaines personnes à couper dans d'autres dépenses, indique également M. Archer.

Et même si les sujets de la reine d'Angleterre décidaient de délier les cordons de leurs bourses sans compter, la plupart de leurs dépenses iraient dans des biens produits à l'étranger, que ce soit pour des drapeaux ou des bouteilles de mousseux, rappelle Don Coursey, économiste à l'Université de Chicago.

Quant au tourisme, la venue du nouveau-né aurait déjà commencé à se faire sentir, si l'on en croit une étude de Lastminute.com. Selon cette agence de voyages en ligne, les hôtels londoniens pourraient voir leurs chiffres d'affaires bondir de 30 % dans les semaines entourant la naissance royale.

Pourtant, il s'agit d'un événement qui est plus intéressant à suivre à la télévision ou sur le réseau Twitter qu'en personne, croit Don Coursey. Selon lui, la naissance de l'héritier aura plutôt un effet allant d'« absolument minimal » à nul sur l'économie britannique.

Contrairement aux Jeux olympiques de Londres, la naissance royale n'a pas nécessité l'entreprise de projets publics ou la construction d'infrastructures, rappelle M. Coursey.

En revanche, l'événement n'a pas donné lieu à l'ajout d'un jour férié, ce qui aurait entraîné la fermeture de magasins et de bureaux pour une journée complète, comme ce fût le cas lors pour les festivités entourant le jubilée de diamant d'Elizabeth II.

Ainsi, la naissance royale devrait à tout le moins ne pas avoir de conséquence négative sur l'économie... à moins de compter le temps passé à épier les faits et gestes de la Duchesse de Cambridge comme une perte potentielle de productivité, comme le considère M. Coursey.

Marque non déposée

La famille royale d'Angleterre n'est peut-être pas une marque déposée, mais pour de nombreux commerçants, il s'agit d'une marque payante. Le vide juridique entourant la famille royale permet en effet de produire et de vendre une panoplie d'objets à l'effigie de ses membres, allant des bibelots aux tétines.

Par ailleurs, la Duchesse étant elle-même une égérie publicitaire, la grossesse et la naissance du bébé royal peut avoir l'effet de gonfler les ventes de certaines marques.

Par exemple, le 30 avril dernier, le Daily Mail rapportait que Kate Middleton s'était procuré une poussette Bugaboo. Plusieurs des sorties que fera la Duchesse avec le nourrisson dans sa poussette seront croquées par les photographes, ce qui constitue une publicité gratuite pour le fabricant.

Avec des informations du New York Times, du Wall Street Journal et de La Tribune.fr

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