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22/07/2013 10:25 EDT | Actualisé 22/07/2013 10:27 EDT

Irak: 500 évadés après l'attaque de deux prisons près de Bagdad

AFP

Au moins 500 prisonniers se sont évadés de deux prisons proches de Bagdad après des attaques coordonnées contre elles ayant fait plus de 40 morts dans la nuit de dimanche à lundi, selon des membres du parlement et la police.

Hakim al-Zamili, un membre de la commission de la Sécurité et de la Défense au parlement, a déclaré à l'AFP que près de 500 prisonniers "terroristes", s'étaient évadés de la prison d'Abou Ghraib, à l'ouest de Bagdad.

Chouan Taha, un député kurde membre de cette même commission, a estimé pour sa part, sur le site internet du parti kurde PUK, qu'"entre 500 et 1.000 détenus" s'étaient évadés des prisons de Taji et d'Abou Ghraib.

Les attaques coordonnées contre les prisons de Taji, au nord de Bagdad, et celle d'Abou Ghraib, prison rendue tristement célèbre par les sévices commis par les Américains à l'encontre de détenus irakiens en 2004, ont duré près de 10 heures, selon la police.

Aucun bilan n'a été donné concernant le nombre d'assaillants tués ou capturés, mais deux hôpitaux de la ville ont affirmé avoir reçu les corps de 10 assaillants.

Vingt-et-un prisonniers sont morts et 25 ont été blessés dans des "émeutes" qui ont suivi l'attaque des prisons, a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de la Justice Wassam al-Fraiji.

Sept détenus ont réussi à s'enfuir d'Abou Ghraib avant d'être repris, avait également déclaré dans la matinée un colonel de police.

Les attaques ont débuté vers 21H30, alors qu'il faisait nuit, par des tirs de mortiers dirigés sur les prisons.

Des voitures et des engins piégés ont ensuite explosé près des entrées des prisons, tandis que trois kamikazes portant des ceintures d'explosifs se jetaient sur une entrée de la prison de Taji, selon le colonel.

Les accrochages ont alors duré toute la nuit, avec l'intervention d'hélicoptères de l'armée, tandis que des renforts militaires bouclaient les alentours des deux prisons.

Selon la police et des médecins de deux hôpitaux, au moins neuf membres des forces de sécurité, dont des policiers, soldats et gardiens de prison, ont été tués à Taji, et 11 à Abou Ghraib.

Mardi matin, la situation dans les prisons étaient sous contrôle, selon le colonel.

A l'aube, le ministère de l'Intérieur avait indiqué que les forces de sécurité étaient parvenues à repousser les attaques, accusant des "terroristes".

Des commentaires sur Twitter, incluant apparemment des contributions de jihadistes affirment que des milliers de prisonniers se sont échappés.

De nombreux contributeurs se sont livrés à des affirmations similaires sur un forum jihadiste baptisé "Honein".

Des habitants de Falloujah, à l'ouest de Bagdad, ont affirmé à l'AFP que des proches s'étaient évadés et tentaient de se mettre à l'abri.

Le principal groupe de la branche irakienne d'Al-Qaïda a appelé par le passé à "libérer des prisonniers musulmans partout où ils se trouvent et à pourchasser les juges, les procureurs et leurs gardes du corps, pour les éliminer".

Les prisons irakiennes font constamment l'objet de tentatives d'évasion, de mutineries et d'autres troubles.