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22/07/2013 12:38 EDT | Actualisé 21/09/2013 05:12 EDT

Égypte : la famille de Morsi va porter plainte pour enlèvement

La famille de l'ancien président Mohamed Morsi a annoncé lundi son intention de porter plainte contre l'armée égyptienne, qu'elle accuse d'avoir enlevé le chef de l'État déchu.

L'armée affirme que Mohamed Morsi, qui n'a pas été vu en public depuis sa destitution le 3 juillet, est détenu dans un lieu tenu secret afin de protéger sa propre sécurité.

« Il n'y a aucune base juridique ou constitutionnelle [...] permettant de détenir pour sa propre sécurité un individu qui n'est accusé d'aucun crime », a déclaré au cours d'une conférence Oussama Morsi, fils de l'ancien chef de l'État.

Oussama Morsi, dont la famille effectuait sa première apparition depuis le 3 juillet, a annoncé que des plaintes allaient être déposées « en Égypte et au niveau international », contre Abdel Fattah al-Sissi, commandant en chef de l'armée et ministre de la Défense.

Le fils de l'ancien président a précisé que sa famille n'avait eu aucun contact avec Mohamed Morsi depuis sa destitution et ignorait son état de santé.

Gamal Abdel Salem, un docteur présent lors de la conférence de presse, a précisé que Mohamed Morsi souffrait de diabète et qu'un syndicat de médecins avait demandé à pouvoir l'examiner.

Les Frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsi, accusent l'armée d'avoir commis un coup d'État, et jugent illégitime le gouvernement de transition formé par Hazem el-Beblaoui, et dans lequel Abdel Fattah al-Sissi a été nommé vice-premier ministre.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a de son côté jugé que l'armée n'avait pas le droit de détenir Mohamed Morsi plus de 48 heures, en l'absence d'ordre du parquet. « L'arrestation [de Morsi] et de certains de ses conseillers est complètement illégale », a estimé Heba Morayef, directrice de HRW en Égypte.

Violences entre pro et anti-Morsi au Caire

Des affrontements entre partisans et adversaires du président déchu Mohamed Morsi ont fait un mort et sept blessés lundi dans le centre du Caire, rapporte la télévision nationale égyptienne.

Les deux camps se sont jeté des pierres et des fusées d'artifice et les forces de l'ordre ont tiré des cartouches de gaz lacrymogène pour tenter de les disperser, racontent des témoins.

Les partisans des Frères musulmans essayaient apparemment de rejoindre la place Tahrir, épicentre de manifestations massives contre le président islamiste qui ont abouti à sa destitution par l'armée le 3 juillet dernier.

Reuters

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