NOUVELLES
20/07/2013 11:33 EDT | Actualisé 19/09/2013 05:12 EDT

Trayvon Martin: des rassemblements ont lieu dans des dizaines de villes aux É-U

ATLANTA - Une semaine après qu'un jury eut acquitté George Zimmerman du meurtre de l'adolescent Trayvon Martin, des gens ont participé à des rassemblements dans une centaine de villes aux quatre coins des États-Unis afin de réclamer des changements aux lois sur la légitime défense et d'exiger le dépôt d'accusations au civil contre l'ancien surveillant de quartier bénévole.

L'affaire Martin a ravivé les débats sur les lois en matière de légitime défense, le contrôle des armes et les relations interraciales. George Zimmerman, qui a plaidé avec succès la légitime défense, s'identifie comme un Hispanique. Trayvon Martin était Noir.

Les rassemblements «Justice pour Trayvon» ont été orchestrés par le National Action Network, fondé et présidé par l'influent révérend Al Sharpton. Des marches et des veillées à la chandelle ont lieu devant des édifices fédéraux dans au moins 101 villes, de New York à Los Angeles en passant par Wichita, au Kansas, et Birmingham, en Alabama.

Du côté d'Atlanta, les participants ont fait fi de la pluie et se sont postés à l'extérieur du tribunal fédéral, bloquant la circulation dans les rues du centre-ville.

La plupart des rassemblements étaient prévus pour samedi à midi. Des centaines de personnes — incluant les chanteurs Jay-Z et Beyoncé ainsi que la mère de Trayvon Martin, Sybrina Fulton — se sont massées à New York.

La mère de l'adolescent, qui ne portait pas d'arme au moment où il a été abattu par George Zimmerman, a lancé à la foule qu'elle était déterminée à se battre pour obtenir des changements sociaux et juridiques afin de s'assurer que les jeunes noirs ne soient plus perçus comme des individus suspects simplement en raison de la couleur de leur peau.

«Je vous promets que je vais travailler pour vos enfants aussi», a-t-elle affirmé.

Lors d'une apparition au quartier général d'Al Sharpton en matinée, à Harlem, elle avait imploré les gens de comprendre que cette tragédie n'impliquait pas seulement sa famille.

«Aujourd'hui, c'était mon fils. Demain, ce pourrait être le vôtre.»

En plus de demander au ministère de la Justice d'ouvrir un procès au civil contre George Zimmerman, Al Sharpton espère voir des changements s'opérer dans les lois sur la légitime défense.

«Nous tentons de changer les lois pour que cela ne se reproduise plus jamais», a-t-il plaidé.

Des lois semblables à la loi floridienne «Stand Your Ground» — qui n'a pas été invoquée dans le procès de George Zimmerman — sont en vigueur dans 20 États américains et vont bien au-delà des législations traditionnelles en matière de légitime défense. En général, elles éliminent le devoir d'une personne de se retirer si elle sent menacée de mort ou craint d'être blessée.

Le président des États-Unis, Barack Obama, a affirmé vendredi qu'il serait «utile d'examiner certaines lois municipales et étatiques pour voir si elles sont conçues d'une telle façon qu'elles pourraient encourager le genre de confrontation» qui a mené à la mort de Trayvon Martin.

M. Obama a tenu ces propos lors d'un point de presse inattendu à la Maison-Blanche, sa première déclaration publique depuis l'acquittement de George Zimmerman.

Il a également déclaré que les Noirs américains avaient été choqués par le verdict dans l'affaire Martin à cause d'une «histoire qui ne s'efface pas».

La président avait déjà fait valoir que s'il avait eu un fils, celui-ci aurait ressemblé à Trayvon. Mais vendredi, il a établi un lien encore plus personnel: «Trayvon Martin, ça aurait pu être moi il y a 35 ans», a-t-il dit.

PLUS:pc