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Pistolet à impulsions électriques: fin d'une enquête sur la mort d'un Ontarien

19/07/2013 04:34 EDT | Actualisé 17/09/2013 05:12 EDT

MIDHURST, Ont. - Il ne fait aucun doute que le décès d'Aron Firman, survenu quelques instants après qu'il eut reçu une décharge de pistolet à impulsions électriques, est un incident tragique. Tous les intervenants de l'enquête du coroner tentant de faire la lumière sur l'affaire en Ontario sont d'accord sur ce point.

Mais le rôle exact joué par l'arme dans la mort du jeune homme de 27 ans, qui souffrait de schizophrénie, a fait l'objet de débats vendredi alors que le jury s'apprêtait à se retirer pour délibérer au sujet de cette histoire que le coroner en chef de l'Ontario a qualifié de «cas de référence».

Le coroner présidant l'enquête, William Lucas, a reconnu que le décès de M. Firman était controversé, particulièrement en ce qui a trait à sa cause et à la manière dont il s'est produit. Il a également admis que les circonstances entourant cet événement avaient soulevé quelques questions.

Aron Firman est décédé en juin 2010 à la suite d'une dispute avec la Police provinciale de l'Ontario (OPP) à Collingwood. L'Unité des enquêtes spéciales, qui mène des investigations indépendantes lorsque des policiers de la province sont impliqués dans des incidents, a conclu que les agents concernés n'avaient pas mal agi, mais que le pistolet électrique de type Taser avait causé la mort du jeune homme.

Dans ses recommandations au jury, M. Lucas a laissé entendre qu'il y avait deux façons d'envisager la cause du décès de M. Firman: accidentelle, comme l'affirment les proches du défunt, ou indéterminée, comme le soutient Taser International.

Invitant les cinq jurés à tenir compte de tous les témoignages et preuves présentés durant l'enquête, le coroner les a toutefois prévenus de ne pas se laisser tenter par la facilité.

«Décider que la cause du décès est indéterminée ne devrait pas être un moyen d'éviter une conclusion qui pourrait s'avérer moins populaire», a-t-il indiqué.

L'enquête, dont les audiences se sont déroulées de manière intermittente depuis avril, a entendu le témoignage d'une grande variété d'experts. Certains ont déclaré que l'utilisation du pistolet était un facteur déterminant dans la mort d'Aron Firman alors que d'autres ont fait valoir que ce n'était pas le cas.

Les parents de M. Firman, qui ont répété à plusieurs reprises que leur fils serait toujours vivant si les policiers n'avaient pas eu recours au Taser, ont dit vouloir que cet incident soit source de changements.

«J'espère de tout mon coeur qu'Aron n'est pas mort pour rien, a affirmé Marcus Firman, le père du jeune homme, tout en retenant ses larmes. J'aimerais ressortir de l'enquête avec une idée de comment mieux intervenir auprès des personnes ayant des problèmes de santé mentale.»

Le jury a entamé ses délibérations et pourrait fournir des recommandations pour prévenir que de tels incidents ne se reproduisent dans le futur. Il doit rendre son verdict la semaine prochaine.

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