C’est un cours de théâtre devant public. Sur scène, cinq personnages ont le visage recouvert d’un masque ou d’un faux nez. Ils peuvent réciter tant un texte de Shakespeare ou de Racine qu’une scène de film ou une chanson de Lynda Lemay. Mais, mis à part ces segments écrits, tout le reste de leur prestation est improvisé. La démarche vous intrigue? La troupe française s’appelle Masque et nez et propose son spectacle jusqu’à dimanche, dans le cadre du Festival Juste pour rire.

«C’est un cours de théâtre comme il y en a dans le monde entier, expose Igor Mendjisky, metteur en scène et comédien dans le groupe. Moi, je suis dans la salle et, devant moi, j’ai cinq élèves. On fait des exercices et un vrai travail de scène.»

«On sait à peu près comment le cours va se passer, poursuit l’artiste. Par exemple, on présente les personnages, on fait des échauffements, on répète des textes, mais à part ça, rien n’est scénarisé. Les interactions ne sont pas planifiées. Tout est dans le présent.»

C’est en observant ses camarades acteurs dans les coulisses de divers théâtres qu’Igor Mendjisky a eu l’idée soudaine du concept de Masque et nez. Touché par la vérité qui émanait d’eux lorsque leurs expressions faciales se retrouvaient ainsi voilées, il a voulu exploiter cette vulnérabilité pour la faire partager au public.

«Quand on est en masque, on n’a plus de fuite, estime-t-il. On prend tout de suite la voix d’un personnage, même si celui-ci n’est pas défini. Et les conversations en coulisses me fascinaient. Quand les gens se parlaient, j’avais l’impression que c’étaient eux, les maîtres des planches. Je trouvais ça intéressant. Masque et nez, ce sont des personnages de la vie qui viennent prendre un cours de théâtre. »

«On travaille avec des masques de la Commedia dell’arte, mais on casse toutes les règles du jeu masqué. On arrive à faire, à mon sens, un spectacle vraiment populaire. C’est drôle, touchant, émouvant, parfois triste. On n’est pas seulement dans le burlesque. On essaie d’aller dans l’humain. On espère toucher toutes les classes sociales, de 7 à 77 ans.»

«Fatalement», comme l’explique le fondateur de l’organisation, les spectateurs risquent de faire partie des saynètes, puisque tout se décide spontanément.

«S’il y a un rire un peu étonnant dans la salle, on s’en sert. Si les gens réagissent, on peut parler avec eux. On joue vraiment avec l’instant présent.»

Accueil fantastique

Masque et nez existe depuis 2005 et a joué notamment en France, en Belgique et en Suisse. La joyeuse bande s’est retrouvée dans la programmation de Juste pour rire à l’initiative de Luce Rozon, qui a applaudi ses performances à Paris. Conquise, la dame a voulu faire connaître son coup de cœur aux Québécois.

«L’accueil ici est extraordinaire, autant de la part du public que des gens de Juste pour rire, signale Igor Mendjisky. C’est vraiment génial. Les gens sont excessivement ouverts, c’est un immense plaisir d’être à Montréal.»

Masque et nez se produit au Studio-Théâtre de la Place des Arts, dans la Série Découvertes Juste pour rire, jusqu’au 21 juillet. Pour informations : www.hahaha.com.